The EMyth Revisited écrit il y a déjà plusieurs années par Michael E. Gerber s’est mérité une note de 5 sur 5 et semble être un « must », selon nos panélistes, pour toute personne désireuse de se lancer en affaires, autant que pour les entrepreneurs établis, conscients de l’importance de se réinventer sur une base continue.

Pour vous permettre d’en apprendre davantage sur ce livre, voici quelques extraits des argumentaires des participants, ainsi que l’hyperlien qui vous permettra d’écouter en entier cette visioconférence…

Lien à la Page Événement où vous pouvez laisser vos commentaires: https://plus.google.com/events/c18h5nn72n2tvr0bb1q7mfvpdfo

Jean-Pierre Dubé, Président, JPD Conseils, présentateur du livre du mois

Jean-Pierre l’a découvert il y a plusieurs années, et  il y a vu une application directe pour ses clients. Le livre parle des petites entreprises, mais son contenu s’applique aussi bien à la moyenne et grande entreprise. L’auteur parle des entreprises qui ne sont pas toujours fondées par des entrepreneurs, mais par des techniciens qui ont travaillé dans un domaine d’activités. C’est l’exemple de la bonne dame (la technicienne) qui décide de créer une entreprise pour vendre ses bonnes tartes. Alors il démontre que le fait d’être un très bon technicien ne fait pas automatiquement un très bon entrepreneur.

Jean-Pierre souligne un premier point : les entrepreneurs sont concentrés à travailler dans leur entreprise au lieu de travailler sur l’entreprise. Donc, travailler sur son entreprise, c’est la cartographier, documenter notre système, que le livre appelle la franchise ou, en management, le système opérationnel. Pour l’entrepreneur, son produit n’est pas le service ou le produit manufacturé, son produit c’est son entreprise qu’il bâtit, et comment bâtir l’entreprise, c’est de la documenter pour prendre forme dans un système opérationnel, afin que l’entreprise devienne « system dependant » et non « people dependant ».

Truc simple et génial que l’on découvre dans ce livre, c’est que même si on part en affaires en solo, il est important d’établir un organigramme, en définissant les rôles et responsabilités. Jean-Pierre confirme que c’est effectivement la première chose qu’il demande, avec les états financiers, lorsqu’il démarre un contrat avec un nouveau client, c’est donc encore d’actualité! Jean-Pierre a appliqué ces concepts à sa propre entreprise, ce qui lui a permis de tripler sa productivité. Tout est documenté, en suivant le modèle à la lettre. Cela lui a pris 4 années, mais c’est efficace, cela vaut l’investissement de temps.

Il conseille ce livre car il ne parle pas seulement de structures, mais de systèmes opérationnels, de l’importance de documenter l’ensemble des façons de faire, et ainsi permettre à l’entreprise de fonctionner sans nous. Le livre va bien au-delà de structurer l’entreprise, c’est de rendre l’entreprise autonome.

Philippe Jacques, Président de Solo Communication, panéliste

C’est un livre que j’ai découvert il y a quelques années et que j’aurais voulu tomber dessus rapidement en début de carrière parce que cartographier ses pratiques, c’est s’éviter énormément de problèmes, c’est améliorer son fonctionnement et, à la fin, être plus rentable. Auparavant quand quelqu’un partait, la nouvelle personne arrivait et on se demandait pourquoi une personne d’expérience avait ce genre de problème. Si chaque type d’opérations avait été bien cartographié, cela aurait évité ces problèmes transactionnels.

Philippe a souvent vu des entreprises présentes depuis plusieurs générations qui avaient été plus chanceuses que performantes, beaucoup de leurs opérations semblaient de la pure improvisation. Il donne régulièrement des livres à ses clients. Celui-ci permet de bien planifier l’exécution, ainsi que d’autres qui répondent à d’autres problématiques.

Philippe Jacques recommande sérieusement ce livre car il a vu beaucoup d’entreprises apprendre quelque chose grâce à ce livre, parce qu’il y a toujours une façon de s’améliorer.

Schéhérazade Assefsaf, Présidente TacticB Consulting, panéliste

Schéhérazade a bien aimé le livre. Pour avoir travaillé beaucoup d’années dans le monde académique je reconnais là une vulgarisation de beaucoup de meilleures pratiques consolidées assez portables dans le temps. J’ai des points relativement à l’évolution du temps entre le moment où il a été réédité et aujourd’hui, donc les 20 ans où d’autres domaines connexes se sont développés, qui pourraient peut- être valoir une réédition encore au niveau de l’incorporation de ce qui a été découvert sur la psychologie de l’entrepreneur. Cependant, elle n’est pas tout à fait d’accord sur le coté technique de l’entrepreneur. Cela peut être possible, mais aujourd’hui en psychologie de l’entrepreneur, on parle davantage des idéateurs qui sont identifiés que de purs techniciens en termes de pourcentage.

Ce livre est excessivement utile pour le manque de structures dans toutes les petites et moyennes entreprises, fait qui est reconnu par la science du monde de la gestion. Selon elle, ce livre pourrait être un outil exceptionnel en autant qu’il soit accepté par le principal intéressé.

Schéhérazade ajoute : je reviens sur l’idée au niveau de la franchise, c’est de toute beauté parce qu’effectivement ça permet à l’entrepreneur de sortir de son ego et de « focuser » sur des processus parce que souvent l’ego de l’entrepreneur est très grand, ce qui empêche d’avoir un manager ou d’être lui-même un manager – ce qui n’est pas toujours une bonne idée – donc le fait de rendre son entreprise  portable de part les processus, sort son ego de l’équation et permet à l’entreprise d’être le produit, comme  disait Jean-Pierre, et j’ai trouvé ça très intéressant. Ce que j’ai trouvé aussi très intéressant c’est qu’il met en perspective cette dimension là, à différents stades de maturité de l’entreprise quand il parle des 3 stades d’entreprise, pour que le lecteur se reconnaisse. Donc l’auteur interpelle plusieurs types d’audience, pas seulement un idéateur, un gestionnaire…

Selon elle, il y a aussi un facteur générationnel qui entre en jeu, car la génération Y vient changer cette donne là. Les baby-boomers et la génération X sont très différents, parce que les Y sont excessivement égocentriques. On parle de la génération de l’enfant roi, très différente des autres générations.

Schéhérazade trouve ce livre très accessible, très bien vulgarisé, très portable dans le temps, car il aborde des sujets comme l’innovation, l’intelligence d’affaires à implanter, l’optimisation continue… Selon le problème abordé avec un client, elle donne des livres, mais surtout en version numérique car les entrepreneurs aiment bien les podcasts qu’ils écoutent à différents moments, par exemple lors de déplacements, car ils n’ont pas toujours le temps de lire.

Schéhérazade Assefsaf le recommande également et le qualifie de très bon livre. Il ne traite pas seulement de la structure organisationnelle, mais parle beaucoup d’optimisation, pour un « ongoing work » puisqu’il est toujours utile de s’optimiser.

Sophie Schwartz, Entrepreneur, fondatrice de Hugamy, panéliste

Sophie n’aurait jamais lu ce livre en le regardant et en lisant sa couverture! Je trouve ce livre éclairant vis-à-vis de ce que j’ai fait en entreprise. Je trouve qu’il est parfaitement adapté au monde de la « start-up ». Sa vraie force c’est qu’il te capte sur les points clés qui te permettent de passer d’un rôle d’entrepreneur à une entreprise. Je trouve que l’analogie qui est faite avec le système de franchise, est extrêmement puissante.

Sophie constate que l’on crée souvent quelque chose sur la base d’une idée, mais la difficulté c’est la façon de faire. Le livre donne l’outil pour trouver la bonne façon de faire : reproductible, efficace, transmissible… qui vous permet de passer d’entrepreneur ou d’idéateur, à entreprise qui fonctionne.

Elle ajoute : cela semble très conceptuel, mais la force de ce bouquin, c’est que comme il parle d’une dame qui fait des tartes, et on a tous manger une tarte, on comprend de quoi il parle rapidement et ce n’est pas au-delà de la force de méthodologie, il est très facile de se l’approprier parce qu’il est agréable à lire, ce qui n’est quand même pas si souvent le cas dans les livres d’affaires qu’on garderait comme un manuel. Parce que moi, je l’avais pris à la bibliothèque, maintenant je l’ai acheté, je l’ai conseillé à, je ne sais combien de personnes, et maintenant j’en parle à tout le monde !…  Il a cette force, c’est-à-dire qu’il n’est pas rébarbatif, on se l’approprie forcément car on a tous mangé des tartes! Et franchement, c’est une vraie leçon. En plus de sa méthode, il nous amène à réfléchir comment s’approprier les choses parce qu’un entrepreneur apprend tout le temps.

Sophie trouve que EMyth Revisited est parfaitement complémentaire aux programmes sur les « start-up » et les nouvelles technos. Car elle a commencé sa carrière chez Michelin, milieu de l’automobile où l’on retrouve maints processus, compte tenu de la complexité incroyable et des investissements énormes. Mais avant de lire ce livre, dit-elle, je n’aurais jamais compris comment j’aurais pu dupliquer ce que j’ai appris dans cette grosse entreprise à une « start-up »!

Elle recommande chaudement ce livre, en prévenant de prendre un peu de distance sur certains sujets, mais le plus important c’est la capacité de se réinventer, à voir différemment, et surtout à être l’acteur de sa croissance et de sa création de valeur.

Mathieu Bélanger, Président Parkour3, observateur.

Au premier tour de table des panélistes, Mathieu constate que ce livre semble s’adresser un peu à tout le monde. Il pense qu’il a été écrit pour des entreprises qui n’ont pas encore de structures établies. Il n’est pas convaincu que ce livre s’adresse à lui, car il a déjà mis en place les structures nécessaires à son entreprise. Cependant, il le conseillerait surement à ceux qui doivent faire cet exercice.

Après les questions des participants, les derniers échanges des panélistes et leurs conclusions, Mathieu se dit convaincu de mettre ce livre dans sa liste de lecture à faire!...

Conclusion

Si vous avez apprécié ce 45 minutes d’échanges et de découvertes, prenez note que la prochaine rencontre du Club de lecture Affaires aura lieu le 20 novembre prochain, toujours de 12h15 à 13h, et le livre présenté sera Le but – l’excellence en production, de Eliyahu M. Goldratt et Jeff Cox.

Merci à tous et bonne lecture !

Plusieurs bonnes questions posées par le public lors de l’événement

Camille Price Piché, consultante en communications et animatrice de la page événement

Durant cet événement, beaucoup de questions, fort intéressantes, ont été soulevées. Camille les a transmises aux panélistes et les voici, suivies des réponses obtenues.

Êtes-vous en accord avec l’auteur lorsqu’il dit: “le cerveau des entrepreneurs se diviserait ainsi: 10 % d’esprit créatif, 20% de capacité en gestion et 70% de technique.” Donc, “les entrepreneurs seraient de bons techniciens?”

  • Mathieu Laferrière: Je ne crois pas que l’on puisse calculer des moyennes pour le cerveau des entrepreneurs.  Mais ils doivent développer de nouvelles habiletés et compétences au fur et à mesure que l’entreprise évolue dans un contexte en changement.
  • Philippe Jacques: Oui maintenant, mais il y a 20 ans, non. Nous n’avons pas le même genre d’entrepreneurs, selon le type d’entreprise.
  • Jean-Pierre Dubé: Lorsque l’on parle de créatif, il y a 2 niveaux : esprit d’entrepreneur vs créatif dans son travail

Je me demande quelle est la meilleure façon pour systématiquement documenter ses opérations quand on est seul ou en petite équipe? Comment trouver le temps? Avez-vous des trucs? (Antoine Bonicalzi)

  • Jean-Pierre Dubé: Dans mon cas, je servais mes clients, et ensuite je m’occupais de cette tâche. Ça m’a pris 4 ans, mais aujourd’hui le même travail peut être fait exactement de la même manière par d’autres. Ça représente un défi, un extra de travail, mais c’est LA façon de faire.

C’est quoi l’autre livre que recommandent Jean-Pierre? (André Lavigne)

Certains veulent se créer une job.  D’autres, une entreprise.  Quelle est la question pour départager selon vous ?  Elle pourrait être posée à l’émission Dans l’oeil du Dragon. (Mathieu Laferrière)

  • Jean-Pierre Dubé: Comme le dit l’auteur, si vous voulez vous créer une job, trouvez-vous une job! C’est plus simple. L’erreur que font les travailleurs autonomes, qui disent ne plus vouloir de patron, mais ils ne réalisent pas que chaque client sera un patron…!

Quand faut-il réviser ses procédures?  Est-ce « ongoing », ou à chaque 2 ans par exemple? (Geneviève Poliquin)

  • Jean-Pierre Dubé: Cela doit se faire sur une base continue. Il ne faut pas voir ça comme un projet, il faut voir ça comme une culture d’entreprise.

Au regard du livre, doit-on viser la croissance absolument ? Parce qu’on lit de plus en plus des entrepreneurs qui visent la non-croissance, particulièrement au Québec. Manque de vision ? (Mathieu Laferrière)

  • Jean-Pierre Dubé: La croissance doit être naturelle, on ne doit pas freiner la croissance. Il semble que ce ne soit pas propre au Québec, mais plutôt d’un symptôme générationnel. Les baby-boomers ont commencé à mettre le frein sur la croissance, mais le livre recommande de respecter la croissance naturelle.