La confiance en soi, de Charles Pépin vue par Caroline Clément

Philosophe, romancier, professeur, Charles Pépin a écrit au total une douzaine d’ouvrages. Ses thèmes de prédilection ? L’échec, la joie et la confiance. Des notions qui se croisent, s’entremêlent, se répondent. Arrêtons-nous un instant sur la dernière, qui a fait l’objet d’un essai publié en France aux éditions Allary. Son titre : La confiance en soi, une philosophie.

Avoir confiance en soi n’est pas inné. C’est une qualité dont on aimerait tous être dotés. Se sentir à l’aise en toutes circonstances, riche en compétences ; ôter définitivement nos doutes de l’esprit, ne plus redouter l’avis négatif de l’entourage, ne pas craindre l’erreur, le faux-pas. Qui ne rêve pas d’évoluer dans ce confort-là ?

Charles Pépin est là pour nous guider, non pas d’une manière infantilisante mais, au contraire, adulte et inspirante. Quand la confiance en soi vacille, que le déséquilibre menace, il est bon de se frotter à quelques-unes de ses recommandations. La vie est bien faite et l’auteur, qui sait que la confiance en soi n’est jamais acquise vraiment, se charge de nous en parler avec clarté, simplicité et sensibilité.

“On ne naît pas confiant, on le devient”

Avoir confiance en soi, ce n’est pas avancer en aveugle. Ce n’est pas supprimer l’échec, ni anéantir le danger. C’est s’accommoder d’une inévitable part de risque, savoir qu’elle existe, et savoir l’accepter. La confiance transcende. Elle valse avec l’incertitude et se plaît à l’envisager comme autant de « possibles ». La confiance permet ainsi de se réserver une perspective heureuse. Élan vital ou d’inspiration religieuse, philosophique ou pratique, elle offre, littéralement, un bonheur d’existence.

« Une source de joie »

« (…) La confiance en soi est toujours en même temps une confiance en autre chose que soi. » Et l’auteur de poursuivre, citant la psychanalyste Anne Dufourmantelle – décédée en 2017 en sauvant des enfants de la noyade – : « La confiance en soi n’existe pas. » Comment ? « La confiance en soi vient d’abord des autres. » Qu’on nous confie une mission de la plus haute importance, que nos compétences soient ainsi reconnues, et notre confiance en nous en sera renforcée. Elle est, nous assure l’auteur, « une source de joie ».

Si les coachs inventent des recettes, Charles Pépin s’en tient ici à quelques règles de bon sens. Pour gagner en confiance, l’idéal serait, selon lui, de cultiver les bons liens, mais aussi de s’entraîner, de s’écouter ; mais encore de savoir s’émerveiller, décider, mettre la main à la pâte. Si passer à l’acte est une nécessité, savoir admirer en est une autre – votre vedette ou votre sportif préféré par exemple. L’essentiel étant de rester fidèle à son désir et, finalement, de faire confiance au mystère.

Le mystère ? Pour élucider celui de la confiance en soi, Charles Pépin se tourne enfin vers les sagesses antiques et les philosophes modernes comme Emerson, Nietzsche ou Bergson, puis vers la psychologie et la psychanalyse. Vaste et riche programme, dont on sort grandi.

Caroline Clément, collaboratrice du Club de lecture Affaires et rédactrice au Lire l’entreprise à partir de Nantes, France.