Women on Board: Un livre qui a suffisamment de poids pour inciter à l’action!

Women on Board: Un livre qui a suffisamment de poids pour inciter à l’action!

Women on Board: Insider Secrets to Getting on a Board and Succeeding as a Director de Nancy Calderon et Susan Schiffer Stautberg est un livre qui porte sur la gouvernance au féminin, thème pertinent et fort en vogue (L’effet A). Il contient énormément d’information et peut donc servir de référence aux femmes qui s’intéressent au sujet. En somme,  ce livre trace le parcours – de A à Z – des différentes étapes qui non seulement mène au rôle d’administratrice au sein d’un conseil d’administration mais aussi celles qui nous servent à devenir une excellente administratrice, visionnaire.

Notre panel, constituée de femmes d’affaires d’expérience  et administratrices qui s’y connaissent en gouvernance, a relevé le défi avec brio et générosité! L’animation du panel était assurée conjointement par Paule Genest, APR et par Micheline Bourque, président du Club!

Pour avoir accès à  la visioconférence qui s’est tenue le 26 août dernier, cliquez sur la vidéo ci-dessous. Sinon, bonne lecture du résumé qui suit et qui met de l’avant les commentaires de nos panélistes d’expérience!…

Les impressions générales de nos panélistes à propos de Women on Board!

Paule-GenestPaule Genest, ARP, présidente de PGPR Relations Publiques, affirme que ce livre a retenu toute son attention et son intérêt puisqu’il a été écrit par deux auteures qui travaillent dans ce milieu. Comme elle est membre du CA de la Fondation Maman Dion, elle voulait trouver des réponses quant à la façon de jouer son rôle d’administratrice au sein d’un organisme à but non lucratif. Elle a trouvé que ce livre représentait une référence efficace et très simple.

 

Kateri-normandeau1Kateri Normandeau, directrice stratégie nationale – environnement chez WSP, et membre du CA de PMI-Montréal, a beaucoup aimé ce livre. Il se lit comme un roman. Il y a énormément de témoignages et y a trouvé des données non seulement d’entreprises américaines, mais aussi sur la diversité.

Ce livre mène à l’action plutôt qu’à la simple réflexion, car il couvre l’ensemble de la gouvernance et parle aussi de leadership.

Lisane-Dostie AvocateLisane Dostie, présidente d’ISALégal, un cabinet spécialisé en gouvernance, stratégies de carrière et formation, et membre du CA de l’Ordre des administrateurs agréés, trouve ce livre très accessible. La lecture en est assez facile, pas besoin d’avoir une grande expérience pour l’apprécier. Les auteures sont américaines, mais le contenu est parfaitement applicable au Canada.

 

 

Diane-Lafontaine Sunlife QuébecDiane Lafontaine, vice-présidente adjointe, communications marketing à la  Financière Sun Life, membre du CA de la Fondation Québec Jeunes, ainsi que celui d’un centre de la petite enfance, a apprécié ce livre écrit par des auteures crédibles, et qui se lit facilement. Elle a d’ailleurs trouvé ce livre très utile. Elle souligne qu’on y retrouve 4 sortes de contenu :

  • Le 1er – moins apprécié – porte sur l’état des lieux, la situation des femmes sur les conseils et l’importance de leurs présences.
  • Le 2e – élément fort de ce livre – présente des témoignages qui lui ont particulièrement plu.
  • Le 3e contenu regroupe des trucs et des outils très concrets et très pertinents.
  • Le 4e contenu élabore sur l’importance de l’administrateur sur un CA, on y décrit très bien les rôles et responsabilités, et le comment ça fonctionne.

Caroline-Codsi Gouvernance au FémininCaroline Codsi, vice-présidente exécutive et directrice générale pour Cira Services Médicaux – Est du Canada, est d’accord avec tous les commentaires de ses collègues.  

Women on Board : Insider Secrets to Getting on a Board and Succeeding as a Director est un excellent recueil ayant toutes les informations au même endroit. C’est un livre que je recommanderais à n’importe qui souhaite siéger sur un conseil car il y a une très bonne liste de choses à garder en tête quand on est entrain d’explorer la possibilité de siéger sur un conseil. Il offre un rappel intéressant sur la manière dont il faut se préparer, la manière dont il  faut toujours rester à l’affut de ce qui se passe dans l’industrie, dans la compagnie elle-même… Il s’adresse autant aux canadiennes qu’aux américaines, il est très pertinent, et je l’ai beaucoup aimé.”

Quelques questions plus pointues sur des éléments du contenu. En voici un bref aperçu…

Qui est membre du réseau « Women corporate directors » dont-il est question dans le livre ? N’est pas membre qui veut ! On vous y invite… Ce sont généralement des femmes qui siègent sur de grands conseils d’entreprises cotées en bourse qui en sont membres.” (Caroline Codsi)

Est-ce qu’au fil des années, et à travers cette lecture, l’on pourra développer un meilleur vocabulaire financier ?

Diane Lafontaine: Une des bonnes idées qu’elle a notées, c’est entre autres la possibilité de préparer différents CV comme celui proposé par les auteurs: « board bio ». Elle a aussi trouvé intéressantes les nombreuses citations dans le livre qui portent à réfléchir. Il ne s’agit pas seulement d’un livre qui donne des outils, mais qui offre des zones de réflexion, c’est inspirant. Il y a aussi les questions du mentorat, du mentor versus le sponsor…

Quand on fait mention qu’un membre d’un CA devrait s’investir environ 200 heures par année, qu’en pensez-vous ?

Lisane Dostie: “Je crois que 200 heures est un minimum. Dès qu’on commence à siéger sur un comité, il faut ajouter une cinquantaine d’heures de plus. De plus, la 1ère année est toujours plus exigeante car nous devons apprendre à mieux connaitre l’entreprise ou l’organisation. Après avoir vécu une année de l’organisation, le nombre d’heures peut être moindre.”

Concernant toute cette notion de retour sur investissement – lorsqu’on siège sur le CA  d’un OBNL, on le fait bénévolement, alors que lorsqu’on siège sur un conseil plus important cela devient une véritable profession. Avez-vous trouvé dans ce livre, pour celles qui commencent, une rampe de lancement pour nous amener peut-être à en faire une profession dans le domaine de la gestion et être membre d’un CA ?

Caroline Codsi: Dans un premier temps, elle aimerait clôturer sur la question de l’investissement en temps : il faut se souvenir également qu’il peut y avoir des situations de crise qui exigeront de faire des réunions extraordinaires, non prévues, par exemple celle qu’elle a vécue au Conservatoire de musique et d’art dramatique du Québec. Il y a alors eu des vendredis entiers consacrés à travailler pour régler la crise.

Par rapport à la question : comment utiliser cela comme un levier pour en faire une carrière, c’est indispensable.  “Je ne vois pas comment un responsable du recrutement sur un CA d’une société d’envergure pourrait choisir quelqu’un qui n’a aucune expérience en gouvernance, qui n’a jamais siégé sur un CA. Également, c’est le réseau que cela apportera, la rencontre de gens qui peuvent nous aider à accéder à notre objectif qui peut être celui de devenir administratrice de société.”

Un des points soulevés porte sur l’importance d’avoir des connaissances en finance. Savoir lire des rapports financiers, pouvoir bien comprendre les enjeux financiers de l’organisation, est-ce que ça représente un réel défi ?

Kateri Normandeau

Oui, c’est primordial d’avoir une formation complémentaire. Par exemple, à mon 1er mandat au CA de l’Ordre des ingénieurs du Québec, nous étions en période de crise, j’ai du lire beaucoup. Mais à titre d’administrateur, on peut demander des soutiens techniques : légal, comptabilité… Il ne faut pas hésiter à poser nos questions et à poursuivre de la formation sur la gouvernance et le volet financier. Sans oublier les nouveaux enjeux mondiaux : protection informatique, nouvelles technologies…”

Diane Lafontaine : C’est la raison pour laquelle elle a décidé de suivre une formation plus formelle à titre d’administrateur car elle ne se sentait pas suffisamment habile pour comprendre les rapports financiers de plus grande envergure, dans d’autres domaines que le sien.  En ce qui a trait au fait de siéger sur des CA de moindre envergure, elle pense qu’outre le nombre d’heures investies, c’est d’abord la passion pour le sujet, le milieu, ou l’organisation pour laquelle on choisit de s’investir qui est important. Cela permet de faire aussi beaucoup de réseautage d’affaires.

Lisane Dostie : Pour la question du comment on peut commencer à siéger sur un CA, dans son cas, son 1er mandat faisait suite à trois étés passés comme conseillère en communication auprès de la Croix Rouge Canadienne, division du Québec. “Après avoir été assermentée comme avocate, je voulais redonner à la communauté, alors je me suis tourné naturellement vers une organisation qui me passionnait. C’était alors un gros conseil d’administration qui vivait une période de crise, celle du sang contaminé. Donc cela représentait un très bon défi ! Aussi, il ne faut pas négliger le fait que lorsqu’on commence dans un plus petit CA, on peut avoir plus de chance de rayonner. Il faut être à l’affut des opportunités, mais aussi écouter ce que les gens de notre réseau pensent que l’on est capable de faire.”

Les auteurs nous invitent à faire l’étude de notre “quotient culturel”. Avez-vous trouvé dans ce livre suffisamment d’information par rapport à votre « retour sur influence » ? Est-ce que vous sentez que c’est vraiment essentiel pour jouer ce rôle d’administrateur ? Lorsque vous êtes appelée à jouer ce rôle, êtes-vous au fait des traditions, avez-vous cette ouverture sur le monde, sur la diversité… Où en est votre quotient culturel ?

Cela nous ramène à la question de la diversité, à la capacité de comprendre une culture, comme on parle dans le livre, si on se retrouve sur un CA d’une entreprise qui a des bureaux en Chine ou en Inde, comment fait-on pour comprendre cette entreprise. Évidemment si quelqu’un a déjà une certaine ouverture, ou si quelqu’un a déjà vécu dans plusieurs pays, ce peut être un avantage, mais ça ne change pas le besoin de s’imbiber en allant à la rencontre des autres femmes de cette société pour comprendre leurs défis propres et mieux s’imbiber de leurs cultures. Il est important de se rapprocher. Il faut être prêt à se rapprocher un peu plus de ce qui se passe au sein de l’entreprise et potentiellement de ses opérations qui peuvent être à l’extérieur.” Caroline Codsi

On nous invite parfois à passer une entrevue d’embauche, mais est-ce que vous avez déjà vécu une entrevue d’évaluation pour savoir si vous jouez bien votre rôle d’administratrice ?

“J’appelle cela, dans un jargon juridique, une « vérification diligente ». Avant d’accepter une invitation à aller siéger à un conseil, ou même avant de solliciter une participation à un conseil, il y a un volet important : quelle est l’initiative que je prends pour bien choisir une organisation, une organisation avec laquelle je vais être en harmonie avec ses valeurs et sa mission. Qui siègent à ce conseil ; avec qui ai-je le goût de siéger ? Il faut aussi être patient avant d’accéder à un conseil rêvé, car les postes se libèrent seulement à tous les 3 ou 4 ans.” Lisane Dostie

Ce livre parle du plafond de verre, comment s’élever au-dessus? Traditionnellement, on retrouve beaucoup de femmes dans les industries de service, à la tête de petites entreprises, ou travailleuses autonomes, qui aspirent à devenir administratrice. On les invite mais elles ne peuvent se permettre de céder leur gagne-pain, de donner gratuitement leurs conseils. Qu’en pensez-vous?

Kateri Normandeau : “C’est enrichissant de passer les différentes étapes du processus pour devenir administratrice. Enrichissant d’un point de vue humain comme démarche, personnel par rapport à nos objectifs, et comme bénévole. C’est très demandant, mais on doit mettre nos limites. Cela m’a permis de me poser les bonnes questions stratégiques pour l’orientation de ma carrière”.

Lisane Dostie “Kateri parlait de « fixer ses limites », je trouve que c’est une bonne façon de le dire. Par expérience la 2e question est « j’imagine que vous avez besoin d’une secrétaire », alors il est important d’être capable de dire non, je suis rendue à une autre étape, mais on peut prendre quelqu’un qui a moins d’expérience, mais que je peux coacher, on peut la former, car c’est un poste ingrat, mais c’est aussi un poste qui nous rapproche de la connaissance de l’organisation. Quand on accepte de siéger à un conseil – rémunéré ou non – on travaille plus fort que ce pourquoi on est payé. Il ne faut pas compter chaque minute que l’on fait, malgré le fait que l’on doive avoir une idée de ce à quoi on s’attend de nous.”

Diane Lafontaine : Par rapport aux propos de Lisane, après qu’elle ait obtenu un siège à un conseil, elle identifie les comités qui l’intéressent car elle veut également acquérir d’autres expériences. Ce qu’elle a trouvé intéressant dans le livre c’est la question de la diversité, pas limitée à celle des femmes. Par exemple, on y retrouve une belle citation de Sir Gerry Grimstone : « I don’t like really thinking about it in terms of men and women, I just want an intellectual diversity mix. ». Elle croit aussi beaucoup à cela et trouve que c’est l’un des points forts de ce livre

Caroline Codsi : On n’en n’a pas beaucoup parlé, mais il ne faut pas les oublier. “Les comités consultatifs  représentent une autre façon de se préparer à siéger sur des conseils. Il y en a qui sont rémunérés et d’autres non.  Ils représentent une excellente formation pour siéger sur un conseil. Dernier point, souvent les gens qui sont en réflexion, pensent à siéger sur un conseil en fin de carrière, mais cela n’arrive pas comme cela, il faut s’y préparer une dizaine d’années à l’avance car il faut être connu. Le réseau est primordial pour les hommes comme pour les femmes. Il faut avoir un « branding » qui est fort, il faut avoir une expérience pertinente au niveau corporatif, il faut avoir un certain bagage.”

Est-ce que ce livre a suffisamment de poids pour encourager les femmes (et les hommes) à présenter leur candidature à un conseil d’administration ?

Kateri Normandeau

Oui, le livre répond bien à cela par ses données et ses témoignages, mais j’ai aussi apprécié l’action suggérée. Cela l’a amené à se poser beaucoup de questions sur sa participation.

Diane Lafontaine

Oui, c’est un livre qui vaut la peine d’être lu. Il est bien écrit, par des auteures crédibles. Il fait un très bon tour du sujet ainsi que des sujets parallèles.

Paule Genest, APR

Elle a beaucoup aimé ce livre. Il devient un livre de références qu’elle offrira et partagera avec enthousiasme.

Lisane Dostie

Il s’agit là d’un livre sympathique, facile à lire et qui démystifie la gouvernance. Il représente un beau coffre à outils auquel elle se référera. Une belle lecture agréable!

Caroline Codsi

Le fait qu’étant francophone et œuvrant en Amérique du Nord, pour les français c’est vu comme quelque chose avec une très grande valeur. Louise Fréchette, qui est sur le CA d’Essilor à Paris, lui mentionnait d’ailleurs que les femmes québécoises n’étaient pas conscientes de l’énorme potentiel qu’elles ont, qui est très exportable vers la France qui sont friands de notre capacité à régler des problèmes car on est plus dans un autre « mindset » que le leur qui est plus « réunionite aigüe ». On a énormément à apporter à la France et cela peut nous apporter également.

Finalement, nous parlons de diversité, mais il est aussi important de tenir compte des communautés culturelles, sans oublier les jeunes qui ont un apport important à faire sur tout ce qui est cyber, tout ce qui est web. Il faut comprendre que tout le monde a un rôle à jouer.

Conclusion de Micheline Bourque

“Je suis heureuse de constater que ce livre vous ait plu car je l’ai proposé sans l’avoir lu à l’avance. Il est une recommandation d’Estelle Métayer, donc je m’y suis fié avec raison. J’avais fait beaucoup de recherche pour trouver un livre accessible qui traite de la gouvernance au féminin sans succès. Même si le livre n’était pas en français, Estelle Métayer m’a donc été d’un bon secours!”

 

Women on Board: Un livre qui a suffisamment de poids pour inciter à l’action!

The Workplace Community est un livre fort intéressant pour ceux qui s’y connaissent déjà en organisation du travail!

The Workplace Community Ian Gee and Matthew HanwellLe 6 mai dernier, le Club de lecture Affaires a passé en revue un livre qui porte sur les communautés de travail au sein des entreprises. Suite aux échanges avec notre panel, nous avons eu le grand privilège de recevoir les deux auteurs afin de pouvoir les interroger sur leur livre et des quelques points connexes.

Voici donc ci-dessous quelques extraits des argumentaires de nos panélistes, ainsi que la vidéo du panel en action! L’écoute du panel vous permettra d’avoir une meilleure appréciation des nombreuses nuances et points de vue des panélistes qui sont tous des experts dans le domaine des organisations à un niveau ou l’autre. Les échanges ont été très riches! La dynamique avec les auteurs a été particulièrement enrichissante!

De quoi traite le livre?

Pierre OuellettePierre Ouellette, psychologue organisationnel et doctorant à l’Université de Montréal, résume en quelques mots le livre “The Workplace Community : A Guide to Releasing Human Potential and Engaging Employees”. Cet ouvrage est issu d’un projet de transformation organisationnelle chez NOKIA, un projet visant à faire passer l’entreprise d’un statut de manufacturier de téléphones à fournisseur de contenu d’Internet mobile. Dans ce contexte, on avait besoin d’agilité dans les méthodes de travail. Il explique que ce livre expose bien les 4 formes de processus de travail que l’on connait :

  • hiérarchique (en silo)
  • par projet (équipe)
  • entrepreneuriale
  • par communauté de travail (celle décrite dans le livre)

Le livre présente aussi des outils permettant de développer et de travailler dans une approche de communauté de travail dans l’entreprise, de passer d’une logique hiérarchique à une logique d’intelligence collective qui se met en place pour innover et développer des solutions. Il présente de nombreux outils, dont un que j’ai moi-même créé avec une collègue. Ce sont les auteurs eux-mêmes qui ont développé cette expertise qu’ils nous présentent dans ce livre.

Le point de vue des panélistes

Frédéric Aunis, président de Open-Move

Frédéric Aunis trouve ce livre extrêmement pratico-pratique. À son avis, il rend l’approche des working communities simple. À titre d’exemple, dans le contexte de son expérience chez L’Oréal, il constate qu’il leur manquait un retour d’expérience qu’il a trouvé dans ce livre. <Sans hésiter, je mettrais ce livre dans mon coffre à outils.  J’y trouve des liens avec la gestion du changement, la performance d’équipe. Cependant, j’aurais aimé trouver un approfondissement du sujet portant sur le comment on met en place une “workplace community” dans une entreprise où il y a parfois plus de freins que de motricité.>

Mila Araujo, directrice des services en assurance personnelle chez Ogilvy Assurances Inc.

Mila témoigne qu’elle utilise depuis plusieurs années des approches telles les « workplace community ». Ce livre représentait donc un intérêt certain pour elle car on y retrouve beaucoup d’information. Il démontre aussi que l’expérience des auteurs est très variée, qu’ils ont eu à relever plusieurs défis, ce qui donne beaucoup de valeur au livre. À noter qu’il ne représente toutefois pas un livre d’introduction au sujet, mais plutôt une référence pour quelqu’un qui est déjà dans le domaine qui se pose des questions ou qui cherche des idées pour gérer différentes situations.

Carole Lamoureux, professeur ESG-UQAM et présidente de la Société québécoise de psychologie du travail et des organisations,

Carole LamoureuxJe trouve que ce livre est très généreux. Il prône la générosité dans l’approche des communautés organisationnelles, en ce sens qu’il y a tellement d’outils, de réflexions de la part des auteurs. On voit qu’ils ont rencontré difficultés et succès dans leur démarche.  Ce livre est un véritable “handbook”. C’est un ouvrage pour accompagner les gens qui démarrent une communauté – surtout dédié à ceux qui initient le processus. Le livre explique aux initiateurs les difficultés auxquelles ils risquent d’être confrontés et comment faire pour les gérer de façon très concrète. On y présente le type de  soutien à obtenir, la façon d’évaluer les actions… ce qui est très important.  On voit que les auteurs croient à leur affaire. Ils ont l’ouverture et le réalisme de dire les vraies choses, de présenter les différences de cas.>

Tout petit bémol, elle aurait aimé avoir davantage d’exemples pratiques. À une occasion, les auteurs citent un cas, mais n’y reviennent pas par la suite. Elle aurait aimé avoir davantage de références.

François Lavallée, président Aliter Concept

Francois LavalléeDans son rôle d’observateur au sein du panel, il pose une question à propos du livre et des références auxquelles faisait allusion Carole : <Les auteurs ont-ils utilisé les travaux d’Etienne Wenger relativement à ses recherches sur la communauté de pratique ?>

Carole Lamoureux confirme qu’ils en font seulement mention, mais ne l’aborde pas profondément.

François Lavallée mentionne qu’il anime des communautés de pratique interentreprises depuis 2003, mais en 2004 – à la lecture des livres sur les recherches d’Étienne Wenger – il a découvert qu’il appliquait déjà ses principes.

Pierre Ouellette : L’élément de communauté amené par les auteurs est aussi basé sur l’expérience qu’ils ont vécu chez Nokia en Finlande. Le but était d’arriver à innover et à trouver des solutions d’affaires nouvelles pour l’entreprise. Ici, la communauté est davantage un processus de travail pour des enjeux organisationnels.

Frédéric Aunis adresse une question à Pierre Ouellette : <Tu as repris la base du livre qui est une expérience chez Nokia – ce qu’on appelle le « management à la Viking », c’est-à-dire la hiérarchie plate. Est-ce que cela a eu un impact sur la facilité de mettre en œuvre la communauté de travail dont on parle dans le livre, ou si l’exemple de Nokia peut être transposable à une entreprise française qui est généralement plus hiérarchique ?>

Pierre Ouellette : <Effectivement, si je me réfère à la façon dont on travaillait chez L’Oréal, on travaillait beaucoup par communauté, mais le lien hiérarchique était plus fort que chez Nokia car la culture luthérienne des finlandais est plus égalitaire. Le statut n’est pas aussi important. Alors chaque transformation implique un changement culturel au niveau du leadership, ce sujet est moins abordé par les auteurs car ils sont fort imprégnés par la culture finlandaise. Il faudrait donc, pour implanter une telle approche, penser à la gestion de changement. Le livre suggère aussi de faire une bonne analyse des parties prenantes (stakeholders).>

Mila Araujo Stratège Social BusinessMila Araujo : Dans l’entreprise pour laquelle elle travaille, Mila a créé des communautés dans certains départements, ainsi qu’au bureau de Toronto. Elle peut constater la différence entre ceux qui sont en communauté et les autres qui ne le sont pas. Alors elle souhaitait par cette lecture, trouver un livre à suggérer aux autres membres de l’entreprise, qu’ils pourraient lire et qui leur permettrait d’apprendre, pour les encourager à participer. Mais ce n’est pas un livre que l’on peut partager avec des gens qui n’ont aucune connaissance dans le domaine, car il est trop technique et par ailleurs, il identifie aussi les diverses problématiques – par exemple, les chapitres 5 et 6 parlent des multiples difficultés vécues – cela risque de les décourager à s’investir. Elle aurait aimé plus d’exemples, mais comprend que c’est une nouvelle tendance dans l’industrie, et que les auteurs n’avaient peut-être pas beaucoup d’exemples disponibles.

Carole Lamoureux pense, pour sa part, que <ce livre est dédié à ceux qui sont déjà convaincus et qui désirent s’outiller. Les outils qui sont là, serviront davantage à l’expert plutôt qu’à quelqu’un qui n’a aucun contact, aucune connaissance de la communauté de pratique. Le livre ne s’affaire pas beaucoup à examiner si l’on doit rester dans la philosophie de gestion actuelle ou si l’on doit aller vers ce processus, on va rapidement vers les outils.>

Frédéric Aunis : Selon lui, le livre profiterait à un leader de projet dans l’implantation d’une workplace community, des leaders relais, un livre de références dans lequel on se replonge à certains moments en cours de mise en place d’une telle communité. Un point de départ qui serait intéressant à développer est celui de la fabrication de sens (sense making). La notion de ce qui permet de déclencher chez l’ensemble des individus, l’envie d’en faire partie. Lorsque l’on a compris le sens, on rentre dans le livre très facilement, on s’y intéresse. Aussi, le risque pour n’importe quel débutant est de croire qu’il s’agit de LA solution – panacée universelle – qui remplace toutes les autres.

Où en sont les entreprises par rapport aux workplace communities sur les autres continents ?

Frédéric Aunis : Il a le sentiment que de toute façon, historiquement le workplace community existait depuis toujours. Le principe est simplement revisité. Cette notion existe sûrement dans toutes les entreprises.

Point de vue des auteurs: Ian Gee et Matthew Hanwell

Nous avons eu le privilège d’accueillir les auteurs lors du panel. Voici quelques unes des questions que nous leur avons posées.

Votre livre contient beaucoup d’outils, de scénarios, mais peu d’exemples concrets, pourquoi?

Matthew Hanwell : La confidentialité des données, les contrats d’exclusivité ne permettaient pas de transmettre des cas concrets, c’est pourquoi nous avons opté pour la présentation de divers scénarios pour donner des exemples. Cependant, les scénarios sont basés sur de véritables expériences.

En vous basant sur votre expérience, lorsque quelqu’un n’est pas familier avec le concept de communauté, comment peut-on arriver à convaincre une entreprise de démarrer le processus? (François Lavallée)

Matthew Hanwell : Souvent, les leaders ont peur des communautés, ils pensent qu’elles ne sont pas organisées, non structurées, sans but, ni objectif… Il faut que quelqu’un croit au concept de communauté et aille de l’avant.

Ian Gee : Quand à la réticence des leaders à aller de l’avant avec les communautés, je crois que c’est une façon de travailler et qu’un changement d’ADN est requis pour amener les gens à se sentir plus à l’aise avec cette façon de faire!

Croyez-vous que les communautés doivent être dans un même lieu physique, ou qu’elles peuvent être virtuelles? (François Lavallée)

Matthew Hanwell : Les deux. J’ai même trouvé qu’elles peuvent être à l’intérieur et à l’extérieur de l’entreprise traditionnelle, et peuvent tout de même créer et innover ensemble.

Pour revenir au succès de cette approche chez Nokia, nous avons parlé plus tôt de la possibilité que cela soit dû à la culture hiérarchique chez Nokia, mais que faudrait-il proposer pour que cela se réalise également dans un autre pays ou dans une autre organisation? (Pierre Ouellette)

Matthew Hanwell : La culture hiérarchique chez Nokia favorisait cette approche. Si une organisation est très hiérarchisée et strictement contrôlée, cela peut inhiber le développement de communautés dans l’organisation.

Ian Gee : Pour ma part, il y a aussi une chose qui n’a pas été abordée dans ce livre, c’est le profil d’âge, les étapes de la vie. Comment travailler avec des gens plus à risque, de même génération ou non.

Frédéric AunisPourrait-il y avoir un risque à proposer la hiérarchie et les communautés de travail? Plus intelligent en termes d’obtenir des dirigeants, des gens au sommet de la hiérarchie, de lire le livre, d’introduire la ligne parfaite et le rôle de la performance de chacun des composants. La hiérarchie offre de bons aspects à la prise de décision en termes de performance, et les communautés de travail ont aussi de bons points liés à la prise de décision. Il est un point important, surtout si vous voulez que les gens clés dans l’organisation lisent ce type de livre et entrent dans le processus de l’expérience des communautés de travail. (Frédéric Aunis)

Ian Gee : Il y a une place pour la hiérarchie, mais ce que vous me faites penser, c’est que nous devrions faire davantage appel à la notion d’héritage de la part des hauts dirigeants – héritage de l’expérimentation qui fournit certains éléments remarquables.

Matthew Hanwell : Il y a la relation et la puissance de la relation, forte entre la communauté et la hiérarchie. Une des histoires intéressantes de Nokia est qu’à un certain point, les hauts dirigeants voulaient être associés à ce développement et à l’émergence de la collectivité. Ils voulaient être invités aux événements communautaires, il y avait donc de bonnes choses pour eux d’être associés à cette réflexion.

Mila Araujo :< Compte tenu de mon expérience dans une entreprise hiérarchique, je crois que la hiérarchie n’est nullement en péril dans la mesure où il y a des directeurs, des leaders, dans la communauté pour assurer le suivi des lignes directrices de l’entreprise. Alors la communauté peut s’exprimer et partager, et comme directrice, je n’ai pas à intervenir ou à surveiller la communauté car j’ai moi-même formé cette communauté à travailler ensemble. Dans le livre, il est dit que l’on vérifie et que l’on choisit à quel moment intervenir. Je crois que certaines personnes seront apeurées à la seule pensée de mettre en péril les structures établies – car les gens sont réticents face aux changements. Mais j’ai trouvé que ça ne prend pas de temps à réaliser que des outils existent pour soutenir le management des différents services et des différents projets. J’encourage les gens à renoncer à leurs craintes de perdre le contrôle parce qu’ils permettent aux gens de parler. Les directeurs observent et décident à quel moment intervenir. C’est un outil à utiliser par la hiérarchie et c’est probablement l’outil le plus important pour avancer davantage dans ce genre de structure de travail.>

Matthew Hanwell nous fait part d’un exemple amusant qui s’est passé chez Nokia. Un employé a commencé à partager de l’information sur les salaires autour du monde. Un responsable du service de la compensation lui a demandé que l’on cesse d’agir de la sorte. Il lui a demandé en quoi cela était-il mal, propageait-il de fausses informations? Cette situation démontre qu’il est toujours possible d’intervenir, mais qu’il lui semblait préférable que l’employé en discute à l’interne, dans un de leurs forums, puisqu’à l’extérieur, d’autres avaient la même discussion. Donc, on a toujours l’opportunité d’intervenir de manière appropriée.

Les questions en provenance de nos auditeurs

Jean-Claude Plourde, un fidèle auditeur pose la question suivante : Est-ce qu’on retrouve dans le livre certaines composantes des organisations agiles et des activités de « scrum master » ?

D’après Pierre Ouellette : <Chez Nokia, on était passé d’une approche de cascades à une approche « scrum » ou par projet, mais on ne doit pas seulement travailler en communauté, les 4 modes d’organisation du travail doivent exister en concomitance dans l’entreprise. Le livre porte davantage sur la communauté de travail comme un des modèles.>

Frédéric Moreau, également un fidèle auditeur et panéliste du Club se demande : Où en sont les entreprises québécoises en termes de transformation et de culture collaborative du management ?

Pour Carole Lamoureux : <Si je me fie aux pratiques des personnes qui viennent faire un MBA,  cela évolue extrêmement vite et que cela évolue véritablement dans le sens d’une plus grande collaboration. Les embuches, lorsqu’il y en a, sont davantage structurelles que dans la philosophie, les croyances ou les valeurs de l’entreprise. Les communautés existent, mais souvent de façon informelles, provenant souvent d’initiatives personnelles non sponsorisées.>

Frédéric_MoreauFrédéric Moreau: <À propos du profil d’âge auquel Ian Gee faisait référence plus tôt, un auditeur demande s’i les auteurs ont remarqué une différence majeure entre la génération Y et votre génération? Si oui, quel est-il et
comment pensez-vous que cela ait un impact sur l’organisation dans sa façon d’opérer à l’avenir ?>

Ian Gee: les organisations font face à certaines tensions dans l’organisation du travail. Les communautés peuvent offrir d’intéressants échanges, mais il croit que l’initiative viendra des générations Y et Z car elles y travaillent déjà via les réseaux sociaux. Ces générations ne voient peut-être pas les mêmes limites que les baby-boomers ressentent.

Frédéric Aunis ajoute que le concept de « génération » n’est pas une question d’âge, c’est une question de mentalité!…

A qui s’adresse ce livre?

Micheline Bourque aborde le fait que suite aux commentaires des panélistes, on a l’impression que ce livre n’est pas fait pour des gens qui connaissent rien des communautés de travail. Vous, les auteurs, qui souhaitiez-vous avoir comme lecteur de votre livre?

Ian Gee : <J’aimerais que les gens qui pensent et rêvent d’une nouvelle façon de travailler lisent ce livre.>

Matthew  Hanwell : <Pour moi, c’est simplement une question d’affaires. Je voudrais qu’il soit lu par ceux qui veulent réaliser de meilleurs résultats, les leaders, les directeurs RH, afin qu’ils découvrent comment faire participer les gens et la façon dont la communauté vous aide à mobiliser les gens, en les aidant à faire un meilleur travail et de s’y plaire.>

Le mot de la fin va à notre observateur, François Lavallée : La question était d’acheter ou de ne pas acheter… je l’ai acheté!

Women on Board: Un livre qui a suffisamment de poids pour inciter à l’action!

Scaling Up, tout comme Rockerfeller Habits, est plein de bons conseils d’après le panel!

Scaling Up Verne HarnishScaling Up, How a Few Companies Make It… and Why The Rest Don’t, de Verne Harnish, représente une mise à jour pertinente de Mastering the Rockerfeller Habits – ayant connu un franc succès dès sa sortie. Comme le dit si bien le titre, cet ouvrage nous amène à mieux comprendre pourquoi certaines entreprises réussissent et d’autres pas…

Paule Genest anime avec doigté ce sympathique débat entre Mathieu Bélanger – présentateur du livre, et deux critiques : Stéphanie Kennan et Alain Thériault. Réussiront-ils à convaincre Louise Désilets de le lire?… C’est ce que vous verrez en lisant ce compte rendu, ou en écoutant la visioconférence, en cliquant sur l’hyperlien.

Le panel du club en action

Pour écouter le panel en action, cliquez sur le vidéo!

Pourquoi Mathieu Bélanger a-t-il  proposé ce livre au Club de lecture Affaires.

Mathieu Bélanger Parkour3Mathieu Bélanger : J’ai proposé ce livre parce que Scaling Up est la 2e version d’un livre que j’ai apprécié et qui a été significatif dans la croissance de mon entreprise. L’auteur nous propose une structure d’exécution pour préparer une croissance efficiente qui séparée en 4 grands thèmes : People retenir les bonnes personnes ; Strategy – créer une vraie stratégie ; Execution pour une exécution efficace ; Cash – avoir l’argent requis.

Il s’agit d’un livre bien présenté – avec un résumé au début de chaque thème. L’auteur parle également des barrières car il peut être difficile à implanter : leadership – infrastructure évolutive (scalable) – dynamique des marchés… On retrouve aussi dans ce livre une multitude de modèles (templates) riches en information et en contenu.

Qu’en pense le panel : Qu’avez-vous trouvé à la lecture de ce livre ?

Alain Thériault a beaucoup aimé l’approche très structuré du livre. Un framework qui touche tous les aspects par les 4 catégories exprimées de façon très générale. À lire, mais à travailler en même temps que la liste des growth tools car il prend alors toute sa puissance. Alain met en lumière le besoin d’avoir des employés engagés pour mettre en place une telle structure.

Stéphanie Kennan trouve que si l’on n’a pas lu le 1er livre – Mastering the Rockerfeller Habits – c’est un vrai mal de tête ! Elle a donc a dû ressortir le 1er livre pour mieux apprécier les listes, les outils… L’approche est structurée et pertinente, mais représente tout de même un défi colossal par lui-même.

À la lumière de ce livre, faut-il être courageux pour être capable de garder les bonnes personnes ?

Stéphanie Kennan croit qu’il est plus important de choisir que de garder les bonnes personnes. Aujourd’hui, dans un monde de service, c’est la personne qui fait la différence.

Mathieu Bélanger croit également qu’il est important de retenir ses employés, mais les bonnes personnes.

Alain Thériault pour sa part souligne l’exactitude de l’expression « Higher slowly, fire quickly », car la lenteur à se débarrasser de certaines personnes représente un problème d’imputabilité des gens par rapport au processus en place. Il a constaté que quelqu’un peut être très compétent sur un sujet, mais lorsqu’on le met dans une situation de responsabilité, rien ne va plus.

Le fait pour un leader d’apprendre à déléguer, est-ce que cela a retenu votre attention ?

Mathieu Bélanger: Quand tu fais la liste des responsabilités, il est presqu’impossible de tout déléguer – c’est un travail de 12 à 18 mois si tu veux tout implanter, et le faire d’une façon correcte, pas tout à la fois.

Stéphanie Kennan: Pour un entrepreneur, arriver à déléguer cela représente presque une thérapie! Ce livre nous rappelle qu’il faut le faire, mais encore faut-il avoir les ressources pour le faire. Mais cela reste important sinon tu n’arriveras pas à tout faire.

Alain Thériault: Cela représente une difficulté évidente, et l’hésitation à le faire est compréhensible car si ça marche c’est à cause d’eux, mais si ça ne marche pas c’est à cause du décideur qui a choisi les mauvaises personnes!

Comment ce livre vous permet – comme entrepreneur – de poser un regard nouveau sur l’élément de stratégie?

Paule Genest: À propos du thème « stratégie », le livre mentionne « stop working in the business, start working on the business », c’est-à-dire la stratégie dans la globalité, le pouvoir de garder le focus sur la stratégie de positionnement, de mettre de l’avant une facilité, et en même temps réduire le fardeau du stress. Comment ce livre vous permet – comme entrepreneur – de poser un regard nouveau sur l’élément de stratégie.

Stéphanie Kennan: On ne pourra jamais assez le dire, l’importance de travailler sur l’entreprise. Est-ce que j’y arrive?… Ça revient à déléguer. Faire l’intégration de chacune des décisions – petit à petit on y arrivera, mais c’est un défi, et je ne sais pas dans quelle mesure le livre aide à intégrer le comment.

Mathieu Bélanger: En lisant le livre, on travaille davantage sur l’entreprise que dedans! Notre responsabilité réside dans le choix des bonnes personnes pour une meilleure délégation efficace.

Alain Thériault Start-up CoachAlain Thériault: Les plus jeunes entrepreneurs semblent moins contrôlant que la génération précédente, et la question de travailler sur/dans l’entreprise tout le monde y est sensible, mais on en fait des bouts. Je suggère à mes clients de déterminer un temps, dédié au travail sur l’entreprise – une plage horaire où ils ne seront pas dérangés. Le livre est une source d’inspiration car il foisonne de références, de meilleures pratiques, et donne même l’indication des pages particulières, essentielles à lire.

Mathieu Bélanger: Avant, nous faisions des rencontres toutes les 2 semaines sur ce sujet, maintenant on le fait à toutes les semaines. Le livre donne ce genre de structure pour nous forcer à travailler davantage sur l’entreprise.

Qu’entend l’auteur par « stratégie »?

Mathieu Bélanger: Assurément une stratégie d’entreprise à haut niveau, une stratégie de mise en marché, de positionnement. Il s’agit là d’une approche intéressante, mais assez complexe – d’ailleurs le chapitre le plus lourd du livre.

Alain Thériault a d’abord aimé la distinction entre « réflexion stratégique » et « planification d’exécution ». Deuxièmement, le partitionnement dans les outils. Il est intéressant de voir la façon dont cela descend vers les employés. Le document d’une seule page (one-pager) facilite la communication, de manière systématique dans la méthode. Dans le livre, les valeurs d’entreprise ne sont pas des trucs grandiloquents, mais plutôt ce qui est valorisé, reconnu, encouragé dans l’entreprise. Reste à savoir si les valeurs sont bien communiquées aux employés!…

Stéphanie Kennan est d’accord avec Alain. Mais il s’agit d’un chapitre difficile, sans aucun doute le plus opaque. Alors que le mot « stratégie » est souvent galvaudé, nous avons besoin d’un positionnement très clair, communiqué tout aussi clairement à l’ensemble de l’entreprise.

Mathieu Bélanger: Le mot clé est « focus », afin d’enligner correctement toute l’entreprise.

L’observatrice, Louise Désilets veut en savoir davantage

Louise DésiletsLouise Désilets, l’observatrice du débat, a quelques questions pour les panélistes. En se référant à son rôle chez Cogeco pendant 12 ans en planification stratégique, elle a maintes fois fait des exercices sur l’approche : définir la stratégie, la décliner et l’exécuter au sein de toutes les équipes opérationnelles – alors quelles sont, d’après le livre, les clés du succès de ce genre d’approche. S’il y avait 2 ou 3 choses à faire par la compagnie, que devrait-elle faire pour que cette approche ait du succès.

  • Paule Genest mentionne avoir été marquée par le Big Hairy Audacious Goal (BHAG), comme s’il fallait d’abord se raccrocher à ce rêve ultime qui a vu naitre l’entreprise.
  • Stéphanie Kennan, pour sa part, a l’impression que le BHAG rappelle l’importance d’avoir un sens derrière l’entreprise et que c’est ce sens qui donnera aux employés, l’inspiration et le désir de s’investir, plutôt que juste vouloir grossir pour grossir. <Si on oublie cette notion là, il est difficile pour les gens de nous suivre>.
  • Alain Thériault avance 2 points : véhiculer une histoire et l’importance d’utiliser un seul mot pour se définir et rallier les troupes.
  • Louise Désilets affirme que pour elle, à la base, l’important c’est le leadership.  Stéphanie Kennan comprend bien Louise car nous devons prêcher par l’exemple. Il faut être aussi exigeant envers soi-même qu’envers les autres. Il faut montrer la voie, sans compromis sur l’énergie que l’on est prêt à y mettre. Il s’agit de la 1ère exigence pour suivre un processus comme celui là.
  • Mathieu Bélanger opine en expliquant qu’effectivement la 1ère étape est de bâtir l’équipe, de choisir les bonnes personnes.

Paule Genest PGRPPaule Genest relance la discussion sur une des fonctions clés du leadership : « delivering frequent messaging and metrics to reinforce the key attributes of the compagny and culture». Concernant cette notion d’évaluation, quelles sont nos mesures d’évaluation? Les avons-nous communiquées à nos employés? Communication et rétroaction – où sont les bases d’évaluation ?

Stéphanie Kennan mentionne que les indicateurs de performance sont en lien avec les objectifs de l’entreprise – particuliers à chacune – donc le livre ne pouvait proposer une liste (tool box) des indicateurs de performance universelle. Mais cela représente un important défi de rendre mesurable des éléments qui sont souvent qualitatifs.

Mathieu Bélanger ajoute que les managers doivent être responsables de mesurer les performances.

Alain Thériault affirme qu’il est important d’implanter des mesures d’évaluation, mais il est toujours problématique de mesurer les éléments qualitatifs, et aussi important les éléments quantitatifs. Il faut former les employés à nous offrir une solution lorsqu’ils nous présentent un problème. Déterminer des indicateurs qui favorisent des interactions avec les employés – le concept « green, light green, yellow and red ». Ce genre d’indicateurs s’insère bien dans une petite entreprise.

Est-ce que ce livre leur a fourni des outils vraiment utiles dans la croissance de leurs entreprises.

Mathieu Bélanger confirme avoir déjà implanté quelques trucs et outils, comme le modèle 3W, facile à intégrer et très utile. Ce livre offre plusieurs outils que l’on peut implanter et qui donnent rapidement de bons résultats.

<Je suis très reconnaissante envers Verne Harnish pour tout ce qu’il a apporté en termes de ressources humaines (RH) à mon entreprise, car cela fonctionne ! Par exemple, le processus d’embauche, d’accueil, d’intégration, les évaluations… son défi 2015 et ça fonctionne.> Stéphanie Kennan

Dernier tour de table…

Louise Désilets conclut que, compte tenu de son cheminement de carrière et de son expérience professionnelle, ce genre de livre propose une approche indispensable pour les entreprises tant les start-up que les existantes, afin qu’elles obtiennent le succès financier escompté. <Malgré le fait que les outils ne semblent pas très faciles à utiliser, il semble avoir une approche structurée>. Elle recommanderait de lire le livre et d’adapter les outils aux besoins de chacun, ou d’aller chercher les références pour des gains rapides (quick wins). <Surtout, n’essayez pas de tout faire à la fois, vous risqueriez de vous y perdre.>

Alain Thériault témoigne que ce livre vaut la peine d’être lu par et pour tous, mais la quantité de trucs applicables sont variables selon les besoins. Il est utile surtout si on prend la peine de télécharger les outils et de travailler avec ces outils.

Stéphanie Kennan est convaincu que les entrepreneurs qui veulent passer à un autre niveau, qui ont essayé des choses et doivent faire des changements, vont bénéficier de ce livre, mais ils doivent y consacrer le temps et y réfléchir pour pouvoir l’appliquer.

Mathieu Bélanger croit que les entrepreneurs, les équipes de manager, vont bénéficier de cette lecture, mais il requiert de la discipline afin d’instaurer une certaine structure.

Paule Genest conclut en soulignant la distinction à faire entre les gens d’affaires et les entrepreneurs, car ce livre est pour ceux qui veulent entreprendre. La clé est que « seul on peut aller plus vite, mais ensemble on peut aller plus loin. »

Questions de nos auditeurs

Le livre donne-t-il un cadre pour partager le sens dans l’entreprise et mettre les gens en collaboration? Frédéric Moreau, Président PÖL Digital

Mathieu Bélanger: Oui, car on fait référence à un modèle nommé « vision summary », permettant de partager la vision de l’entreprise, mais ce n’est pas un livre sur la collaboration.

Est-ce que le leader laisse aux personnes l’opportunité de faire les choses à leur manière? Donner aux autres les objectifs sans leur dire comment le faire? Jean-Claude Plourde, consultant en gestion et développement des organisations

Paule Genest réfère à la notion de visionnaire – « they see around the corners » – on peut permettre aux gens de contribuer, mais on a tout de même notre vision, une façon de faire dans l’entreprise.

Stéphanie Kennan: Il est vrai que si on est toujours dans leurs souliers, on n’a pas la possibilité de bien juger la qualité de la personne, mais par expérience, plus on donne de corde, plus la personne peut se pendre, il est donc important de choisir les bonnes personnes – de guider selon la vision et les valeurs de l’entreprise.

Est-ce que ce livre ressemble à d’autres livres connus? Si oui, comment se distingue-t-il ? Mathieu Laferrière, conseiller stratégique 

Stéphanie Kennan affirme que ce livre est très différent des autres car il est axé sur des outils – et il est très rare qu’on fournisse des outils. Scaling Up est un livre d’une classe à part. Alain Thériault et Mathieu Bélanger sont d’accord avec les propos de Stéphanie.

Paule Genest souligne que ce livre est aussi pertinent pour les entreprises établies que pour celles qui démarrent, car elles y trouveront des outils pour développer les bons réflexes.

Micheline Bourque ajoute que ce livre fait parti d’une approche pour rejoindre le public par son site Web qui est très complémentaire au livre et l’auteur est extrêmement généreux en offrant une panoplie d’outils pas nécessairement facile à intégrer, mais le site Web accompagne et approfondi la relation. Par cette nouvelle approche, le livre devient une carte de visite.

Women on Board: Un livre qui a suffisamment de poids pour inciter à l’action!

Dans la jungle du réseautage, un outil ludique pour les esprits pratiques!

“Dans la jungle du réseautage” est un livre portant sur le réseautage d’affaires. Écrit par Réjean Gauthier et Valérie Lesage, et publié aux Éditions Transcontinental, cet ouvrage représente un outil simple et pratique pour un réseautage efficace et dynamique. Voici donc quelques extraits des argumentaires des panélistes du Club de lecture Affaires, ainsi que la vidéo qui vous permettra de l’écouter en entier…

Valérie Lesage nous présente son ouvrage!

Co-auteur, Valérie Lesage nous explique que leur livre a été écrit afin qu’il soit utile pour tout le monde. <Évidemment, en premier lieu, notre livre s’adresse à une clientèle d’affaires intéressée à développer son entreprise en étant plus efficace dans leurs activités de réseautage. Car il ne suffit pas d’être présent dans une activité comme un 5 à 7, il faut faire davantage, il faut faire le suivi, et il faut construire une relation afin que cela soit productif.>

<Pour se faire, notre livre présente une méthode pour être plus efficace dans leur réseautage notamment par la classification de son réseau. Il faut se poser des questions à savoir quelle personne est plus susceptible de nous faire avancer dans nos objectifs, vers où l’on veut et devrait aller? Selon un degré de proximité, quelle personne voulons-nous voir monter dans notre échelle de proximité, afin d’obtenir un réseau dynamique. En plus, le livre offre les principes de base du réseautage et aborde les médias sociaux qui sont devenus incontournables aujourd’hui.>

Point de vue et questions du panel

Roxane DuhamelRoxane Duhamel, présidente de RDMARCOM et elle-même auteur d’un livre sur le réseautage nous témoigne <Dès le début, j’ai eu envie de poursuivre ma lecture. Ce  livre regorge d’histoires qui nous démontrent une méthode simple et progressive pour réseauter. Le lecteur peut donc se retrouver dans l’une ou l’autre de ces histoires, être encouragé à poursuivre et réaliser qu’il doit trouver sa propre façon stratégique de réseauter qui tient compte de sa personnalité, de son attitude et de ses objectifs. >

Madame Lesage, que donnez-vous, ou voudriez donner comme force aux gens qui vous posent des questions?

<J’aimerais servir d’inspiration pour eux, car j’étais quelqu’un de très timide, j’ai vécu de l’intimidation à l’école, alors que cela ne parait sur la personne que je suis aujourd’hui. Et comme elle mène la carrière qu’elle voulait, elle croit que cela démontre que c’est à la portée de tous si on y met des efforts.>

Roxane trouve très intéressant qu’au début de notre vidéoconférence quelqu’un disait que les gens sont anxieux face au réseautage. Le livre explique bien que réseauter c’est devoir prendre des risques, comme en affaires, et que l’on doit se donner droit à l’erreur car on apprend. Bref, on repart mieux équiper car on a suppléé ou réglé nos problèmes et on peut se permettre de faire des pas un peu plus grands. Si on est entouré de bons réseauteurs, ces derniers vont s’assurer qu’on en ressorte enrichi.

Cindy Rivard, Présidente Oyez Communications, a beaucoup apprécié le livre par son coté pratique, par sa méthode à suivre. Elle s’est reconnue dans certains des exemples donnés. Elle a appris quelques trucs à mettre en application pour améliorer ce qu’elle fait déjà. <Le livre provoque un questionnement sur les choses à faire. Il représente un bon rappel à ce niveau. Dans le livre, il est suggéré de s’adapter à la personne avec qui l’on communique lors d’une activité de réseautage. Le livre nous donne aussi des exemples qui nous permettent de revenir sur nos propres expériences de réseautage et de mieux comprendre ce qui a fonctionné ou non, d’analyser nos bons coups et nos moins bons coups après une activité de réseautage, permettant ainsi d’aller plus loin la prochaine fois.>

Dans le réseautage par les réseaux sociaux, les mêmes principes s’appliquent. Alors quand certains disent qu’avec les réseaux sociaux, on n’a plus besoin de cartes d’affaires puisque l’on est présent partout sur le Web, qu’en pensez-vous Valérie Lesage?

<Je crois que la carte d’affaires a encore son utilité, ne serait-ce que pour vous rappeler des noms et des compagnies, et des précieuses informations que vous y avez notées.> Marc-Antoine Saumier, notre observateur ajoute qu’en tant que professionnel de l’industrie du papier, j’appuie l’importance de la carte d’affaires. Je pense qu’il existe un certain rituel lorsqu’on présente sa carte d’affaires, une manière de faire, un aide-mémoire.

Francis BéginFrancis Bégin, conseiller au développement des affaires chez Raymond Chabot Grant Thornton a aimé le livre. Il a trouvé que c’était bien vulgarisé, très concis, avec un résumé à la fin des chapitres. <Le livre permet d’aller plus loin en abordant la préparation, la continuité, comment travailler nos rencontres, comment collaborer avec eux en rejoignant les objectifs de chacun. Le lien à la fin du livre qui donne accès au site web est très intéressant car il s’agit d’un bon résumé des diverses facettes du livre.>

Madame Lesage, le jour je suis conseiller chez Raymond Chabot, et le soir je suis blogueur sur un blogue de musique.  Comment gérer mon réseau dans ces deux milieux différents?

<Je crois qu’il faut se placer en mode écoute, et de voir à qui vous avez affaire. Si la personne que vous rencontrez peut être aidée davantage par votre domaine musical, alors allez dans cette direction, mais si vous sentez que c’est davantage votre profession qui pourrait l’aider, alors allez vers ça. Plus on se place en mode écoute, plus on voit comment on peut être pertinent et utile à l’autre. C’est un des principes du livre: comment ma présence peut être bénéfique pour les personnes qui sont ici.>

Micheline Bourque pose cette question aux panélistes : “Vous avez tous beaucoup d’expérience de travail. Le réseautage fait partie de votre vie, alors à la lecture de ce livre, est-ce que cela vous a rappelé quelques bons trucs, ou est-ce que cela vous a fait prendre conscience de quelque chose de nouveau?”

Francis Bégin : <Pour moi, cela a été une prise de conscience. On accepte des gens sur LinkedIn, sur les réseaux sociaux, ce qui représente beaucoup de contacts. Mais avec le livre, j’ai fait l’exercice de classer ces contacts par niveau afin de maximiser ce volet dans le développement des affaires.>

Cindy Rivard : <Cela a aussi été une prise de conscience en pensant à mon réseau. J’ai réalisé que certains contacts n’avaient pas été contactés depuis longtemps. Il serait donc important de corriger la situation. Aussi, l’échelle RG est un concept nouveau à explorer.>

Roxane Duhamel : <J’ai trouvé très intéressant le point soulevé au niveau de l’entretien de son réseau, par rapport à l’ajout de contact sur une base régulière. Réjean Gauthier mentionnait qu’il passait 75% du temps à l’entretenir et 25% à l’accroître. Il est très important de le voir de cette façon là, de bien connaître ses contacts pour arriver à les positionner sur l’échelle et ensuite les faire monter ou évoluer. Un élément d’entretien que l’on ne dit pas suffisamment souvent : le fait de se procurer les biens et services des gens de notre réseau pour les aider à croître. Évidemment, en autant que faire se peut. De cette façon, on est plus en mesure de les vendre, de les promouvoir, car on les a utilisé, on les a consommé, on les a essayé.>

Valérie Lesage: <Je veux renchérir sur ce point, au fil de l’écriture de ce livre, je me suis questionné sur la façon dont je travaillais avec mon réseau, la façon dont je le nourrissais, l’entretenais, et j’ai réalisé que la question de reconnaissance est très importante, mais très négligée également.>

Marc Antoine SaumierMarc-Antoine Saumier : <On est confrontée en 2015 à une réalité qui est tout autre. Avec l’arrivée des médias sociaux dans les dernières années, notre interaction a complètement changé. Il faut donc voir comment entretenir notre réseau. J’ai réalisé que j’avais une bonne taille de réseau et je l’ai délaissé par le nombre, alors je me suis donné comme défi de communiquer avec une personne à qui je n’avais parlé dans la dernière année, à chaque semaine. Comme c’est un sujet touché dans le livre, je suis intéressé à comprendre le point de vue des auteurs.>

 

Le fait que dans le livre, on n’aborde pas en profondeur les médias sociaux, qu’en avez-vous pensé?

Francis Bégin : Au départ, le contact, la présence demeurent des éléments importants, intéressants.

Cindy Rivard : Le réseautage par les réseaux sociaux peut avoir du succès en autant que l’on comprenne ce que sont les relations humaines. Donc, le réseautage en personne est essentiel pour développer ses capacités car après, il y a l’écran entre nous et les personnes lorsque l’on fait du réseautage sur le Web.

Roxane Duhamel : Je pense que les deux formes de réseaux sont complémentaires, et selon le moment et la façon dont on les utilise, ils nous permettent vraiment d’avancer parce qu’ils ont des avantages et des désavantages les uns comme les autres. Et donc, si on connait bien la base du réseautage « entre 4 yeux », qui est basé sur des objectifs, l’expression des besoins, l’entraide, le respect de l’autre, l’écoute, etc., et qu’on le transfère dans le réseautage social en déterminant quels sont nos objectifs pour faire du réseautage social, quels sont les réseaux sur lesquels on va aller, à ce moment là, en y allant de façon progressive pour apprendre à les connaître, et de s’assurer qu’ils nous servent correctement et qu’on les sert correctement. À ce moment-là, on fera du réseautage parallèle, où l’on jouera d’un réseau à l’autre en fonction de nos besoins.

Les réseaux sociaux nous permettent à peu de coût de rejoindre beaucoup de gens ou d’en suivre plusieurs. Cela devient une stratégie équilibrée de réseautage avec les deux modes, mais nous ne pouvons escamoter l’un comme l’autre. L’importance du réseautage en personne demeure.

Valérie Lesage : Effectivement, jamais le réseautage sur les réseaux sociaux ne remplacera le réseautage « entre 4 yeux », mais il demeure intéressant pour entrer en contact avec de nouvelles personnes car on ne risque pas de les déranger dans des moments inopportuns. Ils nous lisent et nous répondent quand ils ont du temps, cela permet de franchir certaines étapes avec plus d’aisance au départ.

Micheline Bourque souligne le fait qu’il y ait beaucoup d’information pratico-pratique dans ce livre. Il peut donc s’adresser à un public de néophytes, mais tout en offrant un bon rappel pour les autres.

Les questions du public présentées par Camille Price-Piché (animatrice Web)

Mathieu Laferrière : Il a déjà lu des livres sur le réseautage et écoute le hangout pour voir qu’est-ce que ce livre pourrait lui apporter .

Valérie Lesage : Ce que ce livre apporte de nouveau, c’est l’échelle de RG, une façon de classer – par différents niveaux – la proximité de nos relations et de pouvoir avoir une idée globale de notre réseau, de pouvoir y réfléchir, de voir comment et avec qui l’on désire travailler de plus près, quelle personne est à l’extérieur de nos cercles, mais que l’on voudrait inclure. Il s’agit donc d’un outil qui n’était pas connu, mis au point par Réjean Gauthier. D’autre part, tous les exemples d’entrepreneurs nous font voir que même si on n’est pas un parfait réseauteur, on peut avancer tout de même. Plus on s’y met, plus loin on peut se rendre. Aussi, il parle des médias sociaux, au niveau de la base du réseautage : la maîtrise des codes, la politesse, le respect, la reconnaissance, l’altruisme…

Frédéric Moreau : Comment choisit-on l’endroit où l’on va faire du réseautage ?

Valérie Lesage: Dans le livre, on propose 15 lieux, mais il en existe d’autres, nous proposons d’essayer différents endroits – quand on commence – où on est le plus à l’aise. On peut aller dans un comité de parents, à la Chambre de commerce, en avion quand on voyage… c’est un mode de vie, on est toujours à l’affût de ce qu’on peut construire avec d’autres personnes. C’est important de faire plus d’un essai dans différents lieux afin de déterminer où l’on est le plus à l’aise, afin d’avancer. Plus on gagne en aisance et en estime de soi, plus on fera des gains.

Frédéric Moreau: Faut-il réseauter quand on a besoin de clients ou non, et l’approche doit-elle être différente dans ces deux situations?

Valérie Lesage: Il n’y a pas vraiment de différence. Vous allez d’abord commencer des activités de réseautage pour faire des rencontres et ce n’est pas nécessairement dans l’immédiat que cette rencontre va porter ses fruits, mais vous pouvez « sentir » un potentiel. On mentionne dans le livre le fait que les gens achètent les gens avant leurs produits. À produit semblable, on choisit les gens qui nous plaisent le plus.

Geneviève Poliquin : Quel budget doit-on accorder à nos activités de réseautage ?

Valérie Lesage: Cela dépend de ce que l’on veut faire et dans quel milieu on évolue. Il faut d’abord respecter son propre budget, respecter ses propres capacités.

Roxane Duhamel : Il faut regarder cela dans le sens des ressources financières. Dépenses versus investissement. Cela nous oblige, lorsque l’on a peu de ressources, à être concentré sur peu de réseaux, mais d’arriver à être reconnu par le plus de personnes. Aussi, en faisant parti de comités, cela permet d’assister aux activités sans avoir à payer.

Point de vue de l’observateur: Marc-Antoine Saumier

Pour Marc Antoine Saumier, Directeur principal clients, Enterprise Group de Domtar Marc Antoine Saumier a trouvé le dialogue très intéressant, ainsi que les propos et questions des participants. <Je pense qu’un livre comme celui-ci est un ouvrage très pertinent en 2015.>  Il prendra le temps de le lire car bien qu’il ait de l’expérience en réseautage, il pense que l’on peut toujours aller chercher de nouveaux outils. Il a pris en note des quelques citations qui l’a interpellé telles que: ne pas avoir d’attente, se donner la chance de pratiquer, ne pas s’attendre à faire des ventes en partant, ne pas attendre un résultat ou pousser notre produit dans la conversation…

D’abord et avant tout le réseautage est un contact humain, il faut l’entretenir, le développer, et avec le temps on atteint de nouveaux contacts qui nous ouvrent de nouvelles opportunités.

Les citations préférées de nos panélistes

La citation qu’a retenue Roxane se trouve au tout début du livre, elle mettait en quelque sorte la table :

« Pour bâtir des relations durables, sympathiques et mutuellement gagnantes, une discipline est nécessaire. Il faut s’investir, mettre du temps et faire du réseautage un mode de vie. » Tout est là !

La citation qui a plu à Francis, se trouve dans l’exemple de François Ducharme :

« Il faut donner au réseau, pas seulement recevoir, même qu’il faut accepter de donner plus que de recevoir ». Exactement l’état d’esprit qu’il faut avoir lorsque l’on fait du réseautage.

Cindy Rivard propose cette citation…

“La plus grande richesse que vous ayez se trouve dans votre capacité à créer des liens avec les autres, votre habileté à vous connecter avec eux.”

Qui devrait lire ce livre selon nos panélistes?

Roxane Duhamel:  <il n’y a pas de parfaits réseauteurs comme  il n’y a pas de parfaites personnes, donc tout le monde aurait quelque chose à apprendre de ce livre. Ils y trouveront des éléments à améliorer afin d’être meilleurs dans leur pratique>.

Cindy Rivard recommande ce livre à toute personne consciente que le réseautage est important dans sa vie. Aux jeunes diplômés, et même à ceux qui ont de l’expérience en réseautage, car il offre un bon rappel des choses à faire.

Marc Antoine croit que cet ouvrage s’adresse autant aux initiés qu’aux débutants.

Francis Bégin recommande ce livre à toute personne qui doit gérer sa carrière, qui doit faire des rencontres. Il permet de mieux gérer nos relations et de nous recentrer sur nos objectifs.

Women on Board: Un livre qui a suffisamment de poids pour inciter à l’action!

Le Droit de la Franchise, un livre pour tous ceux qui s’intéressent à la franchise!

Le livre de ‘Le droit de la franchise au Québec, de Frédéric P. Gilbert fait l’unanimité du panel du Club de lecture Affaires.

Le panel se réjouit qu’un livre  sur le droit de la franchise soit maintenant aussi accessible aux juristes tout comme aux franchiseurs et aux franchisés. Voici un résumé de leur appréciation et de leur échange avec l’auteur de cette nouvelle bible de la franchise, Me Frédéric P. Gilbert.

Frédéric P. GilbertMe Frédéric P. Gilbert, avocat spécialisé en droit de la franchise souhaite que son ouvrage, Le droit de la franchise au Québec publié aux Éditions Yvon Blais en 2014, intéresse “toute personne qui a à interagir au niveau de la franchise et qui cherche à se renseigner sur l’étendue de ses droits et ses obligations. Par exemple, un franchiseur pointu ou un franchiseur en démarrage qui s’interroge sur ses droits, les deux y trouveront l’information nécessaire mais aussi un franchisé ou un candidat franchisé qui a intérêt à connaître ses droits”.

Au Québec, ajoute Me Gilbert, le domaine de la franchise “c’est 26 milliards de dollars de chiffres d’affaires, 9% du produit intérieur brut annuel, c’est 400 réseaux, des bannières très connues d’autres moins dans toutes sortes de domaines.” Le Québec n’a pas de loi spécifique sur le droit de la franchise contrairement à d’autres provinces comme l’Alberta ou l’Ontario. On s’appuie donc ici sur la jurisprudence qu’il est bon de mettre à jour.

Pour écouter le panel en action, cliquer sur la vidéo ci-incluse

La perspective de Maître Jean H. Gagnon

Jean H. GagnonMe Jean H. Gagnon, avocat de renom, spécialisé en droit de la franchise a supervisé le livre de Me Gilbert. En 2007, il avait publié le livre La franchise au Québec qui se voulait uniquement un ouvrage de référence. Pour lui, cet ouvrage qui prend le relai au sien est “un livre fondamental en droit de la franchise qui suit l’évolution de la jurisprudence. Il est agréable à lire autant pour un avocat que pour un non-juriste. L’avantage est qu’il peut se lire de la première à la dernière page et être suffisamment accessible.”

L’expérience de lecture des panélistes

Stéphanie DestrempesMe Stéphanie Destrempes, avocate chez Lavery de Billy insolvabilité et le droit de la franchise. “J’ai beaucoup apprécié cet ouvrage car il fait un bon résumé de la jurisprudence récente et significative au Québec. L’évolution du droit se fait par l’intermédiaire des tribunaux ici et le livre parle de cette évolution des droits entre franchiseurs et franchisés. J’ai appris des choses en termes de concepts de droit, car les contrats contiennent beaucoup d’obligations de part et d’autres. On peut mieux saisir comment agir au niveau de la relation d’affaire que l’on soit franchisé ou franchiseur. Un franchiseur face à son réseau ou un franchisé qui veut comprendre ce à quoi il peut s’attendre sur le plan des obligations contractuelles, le livre est très intéressant.  Pour les juristes, surtout si on en est à  nos débuts, c’est un très bon outil également pour s’informer sur le droit de la franchise. Pour les juristes d’expérience, le livre sert de bon rappel. Toute personne qui s’intéresse à la franchise y trouvera son compte.”

Marie-Eve Zuniga

Me Marie-Ève Zuniga est avocate en franchise et en droit disciplinaire à la Corporation d’avocats Mathieu.

” Pour ma part, j’ai beaucoup apprécié le livre dans son ensemble.  Pour les non-juristes, il faut comprendre que les termes de droits et les concepts sont très bien vulgarisés et qu’avant chaque notion, chaque concept, on retrouve une analyse de cas pratiques, qui rappelle certains faits, pour aider mieux comprendre. . C’est un outil que je vais conserver à proximité pour les rappels qu’il offre à un juriste, même d’expérience. C’est un bel ouvrage de départ par exemple pour débuter une recherche.”

Une question de l’observateur: Mathieu Halle

Mathieu Halle, RCEQMathieu Halle, spécialiste en TI, président du Regroupement des commerçants électroniques du Québec se demande si le livre est un guide pour aller vers la franchise par secteur…” Même si c’est un ouvrage général, répond Maître Gilbert, il y a des secteurs qui sont plus présents comme l’alimentation en raison de leurs activités et des décisions importantes qui ont été prises. Par contre, les concepts touchent tous les domaines d’activités de la franchise au Québec.” Mathieu a bien saisi que le livre permettra aux franchisés ou au franchiseur de l’ensemble des obligations auxquelles l’un ou l’autre feront face.

 

Les panélistes ont aussi discuté avec l’auteur de ces questions

  • Comment a évolué la jurisprudence au Québec?
  • Est-ce qu’une loi québécoise sur les franchises serait nécessaire ?
  • Étant donné sa nature, y aura-t-il une mise à jour de cet ouvrage ?
  • Faut-il attendre les décisions juridiques d’importance avant de se lancer?
  • Le franchiseur a une obligation de moyen, que cela veut-il dire?

Conclusion

La présentatrice, Micheline Bourque, rappelle l’importance des histoires “humaines” d’entreprises que l’on retrouve dans l’ouvrage. “Ce sont, souligne-t-elle, des anecdotes intéressantes et à la lecture, j’ai mieux compris les enjeux et les obligations des personnes en cause. Tout franchisé ou franchiseur devrait bien se familiariser avec son domaine et ce livre est un excellent outil pour le faire”.

 

Women on Board: Un livre qui a suffisamment de poids pour inciter à l’action!

Votre Cerveau au Bureau de David Rock épate le Club de lecture Affaires

Les trois panélistes et l’observateur invités pour commenter l’ouvrage de David Rock s’entendent pour dire que le livre possède des qualités indéniables. Si le livre s’adresse d’abord aux leaders, aux gestionnaires et aux coachs, il intéressera aussi les personnes curieuses du comportement humain et soucieuses de la qualité des rapports interpersonnels.

Passionnée par la biologie humaine, la neuroscience et le monde des entreprises Roxane Vézina, coach exécutive, a proposé au Club l’ouvrage “Le cerveau au bureau” de David Rock, entre autres, parce que “tout comme le pilote de Formule 1 qui doit connaître sa voiture, la connaissance du fonctionnement de notre cerveau nous aide à être à notre meilleur tant dans notre vie personnelle que sur le marché du travail”.

Pour écouter le panel en action, cliquez sur la vidéo.

Comment “Votre cerveau au bureau” répond-t-il aux attentes des panélistes?

“Tout d’abord, explique Roxane Vézina le livre met en scène un couple, soit une gestionnaire et un entrepreneur. Nous les retrouvons dans 16 scènes de leur vie quotidienne. Ces situations vécues par le couple nous sont présentées avant l’utilisation des outils de la neuroscience et après. L’auteur, par exemple, nous explique comment garder son calme, fixer notre attention, aborder le quotidien et comment collaborer avec les autres. Il explique la gourmandise de notre cerveau et comment mieux comprendre son fonctionnement”.

Selon Roxane Vézina, “Le cerveau au bureau” est une belle porte pour relier la biologie humaine au comportement, pour être dans sa zone d’excellence et susciter la collaboration de chacun. Un exemple : Lorsqu’il y a une perception par le cerveau d’une menace, le cerveau se met en mode de survie. C’est alors qu’on se tourne vers l’observateur en nous ! Connaître ce mécanisme est crucial. Dans une équipe, l’observateur peut alors ramener les choses.

Qu’apprécient les panélistes de la lecture du livre

Élise BourgeoisÉlise Bourgeois, directrice ressources-humaines, Pratt et Witney Canada
“J’ai beaucoup apprécié l’analogie qui est faite avec une pièce de théâtre, c’est une présentation originale. On voit l’avant et l’après des différentes scènes et que ces outils sont très puissants pour changer une situation du tout au tout. Toutefois, le livre mérite d’être lu et relu pour vraiment intégrer les concepts. Une fois une première lecture terminée, il est difficile d’appliquer rapidement les changements et mettre en pratique les apprentissages du livre. C’est cependant un livre qui permet de gagner en productivité et je le recommande vivement.

 

Christine ChartierChristine Chartier, coach, CGMA Coaching

“J’ai beaucoup aimé l’approche et la structure du livre, car la neuroscience est un champ d’expertise relativement complexe. Personnellement, j’ai trouvé ce livre passionnant. J’ai eu des chocs aussi… comme de constater que l’on a une perte de quotient intellectuel quand on lit nos courriels. J’ai aussi revu ma façon de commencer ma journée pour être plus efficace. Il est intéressant de noter aussi que nous avons une banque d’énergie et que certaines activités dépensent plus d’énergie que d’autres. C’est un outil très puissant de gestion au quotidien. Aussi, je trouve que d’analyser l’effet des situations sur nos émotions, c’est très pertinent en coaching ou en développement organisationnel”.

Britta HeintzenBritta Heintzen, coach, Ingénierie Transformation globale
“C’est le côté métaphore qui m’a plu. On fait l’expérience avec l’auteur. C’est très fort. Je connaissais cet ouvrage et de le réécouter en audio m’a permis d’en apprendre plus. C’est réel, il y beaucoup de matériel dans cet ouvrage…. Je trouve intéressant aussi de regarder comment on fonctionne sur le plan des communications interpersonnelles et de faire cet exercice en équipe. Il y a de bons exemples dans le livre pour amener les équipes de travail plus loin encore”.

 

Alain Forget, VP Optimum TalentL’ Observateur Alain Forget, psychologue, VP chez Optimum Talent
En quoi le contenu du livre peut-il aider une équipe de gestion? pose comme question Alain Forget. “Comprendre comment le cerveau est énergivore et donc structurer nos rencontres décisionnelles la matin et d’analyser l’impact de nos actions sur l’autre sont deux exemples de façons de faire qu’explore l’auteur, répond Mme Vézina. Il y a des applications très concrètes à ce sujet dans le livre”.

L’avis d’Alain Forget sur cet ouvrage ? “Pour moi, il n’y a pas là de nouvelles découvertes, mais l’intérêt réside dans le fait que cela démocratise le comportement humain. Le livre semble expliquer de façon originale et bien vulgarisée des comportements qui ont été étudiés d’autres manières par d’autres spécialistes.”

Selon les panélistes, ce livre est un bon outil de compréhension de soi et des autres. Il est facile d’accès pour un sujet si complexe. L’auteur met à la disposition du lecteur un ensemble d’outils à utiliser. Autre plaisir, il est bien traduit et bien écrit!