Benoit Descary et Go Live, Periscope et Facebook Live: mode d’emploi

Benoit Descary est très connu de la communauté web de Montréal. Un des premiers à bâtir un blogue fort pertinent sur le numérique, il vient de publier à titre de co-auteur un livre qui aborde une question très en vogue: publié en mode live.

Blogueur, conférencier, consultant en stratégie numérique, formateur et fondateur du blogue DESCARY.com. Régulièrement classé dans le top 20 des blogues technos francophones les plus influents, Descary.com traite de l’actualité du Web2.0 et des médias sociaux.

Nous avons eu le plaisir de faire une entrevue en direct avec lui 8 juin.

 

Patrons, n’ayez pas peur! Revue par notre correspondant Patrick Coquart

Patrons, n’ayez pas peur! Revue par notre correspondant Patrick Coquart

Patron n'ayez pas peurPatrons, n’ayez pas peur !

Manuel à l’usage des patrons qui s’interrogent sur l’ubérisation de leur activité

Par Jérôme Wallut

Éditions Cent Mille Milliards, 2016

Pour vous procurer ouvrage: J’achète!

Vidéo de présentation: cliquez Patrick Coquart présente Jérome Wallut

Qui est Jérome Wallut et quel est son message?

Jérôme Wallut baigne dans le digital depuis une vingtaine d’années. Il en a connu toutes les évolutions. Les crises aussi. Pourtant, il refuse qu’on lui colle l’étiquette d’expert. Car, pour lui, les experts digitaux n’existent pas. En effet, « la vitesse de la transition, la rapidité des évolutions rend immédiatement obsolète toute expertise énoncée. En la matière, il n’y a que des praticiens assidus qui aiguisent leur curiosité en permanence ».

Que nous apprend le « praticien » dans son ouvrage ? Il commence par un constat qui est celui du plaisir avec lequel chacun bénéficie de l’essor du numérique. Il suffit de regarder la croissance du taux d’équipement en smartphone et du nombre de téléchargements d’applications. Pour Jérôme Wallut, aucun doute possible : le commun des mortels adhère à ces nouveaux usages car ils lui sont utiles, faciles d’accès et d’utilisation. Mais, dans le même temps, force est de constater que les marques historiques, à quelques exceptions près, sont restées à l’écart du mouvement. Jusqu’à parfois se faire « ubériser » par de nouveaux acteurs.

La pérennité des entreprises est un enjeu important

Or, pour l’auteur, cette ubérisation de la société n’aurait jamais dû atteindre un tel niveau si « les patrons s’étaient concrètement intéressés et saisis du sujet plus tôt ». Jérôme Wallut entend donc « remettre les entreprises et leurs marques dans la course ». Et, pour lui, il y a urgence d’agir. C’est la pérennité même des entreprises qui est en jeu.

Pour cela, l’auteur commence par une remise à niveau. Tout d’abord, il précise ce que la transformation digitale n’est pas. Elle n’est pas une révolution technologique ; elle ne concerne pas exclusivement les équipes de communication ; elle n’est pas une mode qui passera bien vite.

UbérisationAlors, qu’est-elle ? Elle est d’abord « LE sujet de notre époque », elle concerne tout le monde dans l’entreprise, tous les métiers. Beaucoup en ont conscience, mais peu savent comment s’emparer du sujet à bras-le-corps. Ensuite, « la révolution digitale est une immense conversation » : les publics prennent la parole et deviennent prescripteurs. Enfin, elle « dessine de nouveaux modèles de création de valeur » autour d’une communauté qui doit être la plus large possible.

Puis, Jérôme Wallut poursuit en racontant ce qu’ont été les quatre vagues successives de la transformation depuis 1980. La première vague est celle de l’arrivée de l’informatique, et plus précisément de l’entrée des ordinateurs (PC) dans les bureaux. Puis, internet est apparu. La deuxième vague est celle de la conversation. Internet se démocratise avec l’arrivée de l’ADSL, puis des moteurs de recherche, des chats, des forums de discussion. Cela se poursuit avec les blogs, les réseaux sociaux, qui explosent avec l’accroissement de la facilité des échanges d’images et de vidéos. La troisième vague apporte de nouveaux usages. L’e-commerce se développe et, surtout, les écrans deviennent mobiles avec les smartphones. Ceux-ci servent à tout faire, partout : photographier, échanger par SMS, lire ses mails, jouer, écouter de la musique… Les applications pullulent. La 3G apparaît, puis la 4G… et l’on parle de la 5G en France pour 2020. Enfin, la quatrième vague progresse depuis 2013, avec la data et l’intelligence artificielle.

Et l’ubérisation dans tout ça ? Pour Jérôme Wallut, elle est d’abord, pour une entreprise, le fait de subir de nouveaux modèles de création de valeur. Elle peut prendre trois formes différentes. La première est l’intermédiation : de nouveaux acteurs s’immiscent entre l’entreprise et ses clients. Ils leur proposent d’augmenter le service offert par l’entreprise. On trouve là les comparateurs de prix par exemple, ou des courtiers. La deuxième forme d’ubérisation est la création de nouveaux services à la périphérie des activités historiques de l’entreprise. C’est, par exemple, le cas des plateformes de crowdfunding qui ont pris la place que les banques n’occupaient pas. La dernière forme est celle qui consiste à rendre le même service que l’entreprise installée, mais autrement. C’est typiquement le cas d’Uber.

Onze recettes et astuces pour se transformer 

L’auteur propose alors onze recettes et astuces pour engager la transformation de l’entreprise :

  1. Construire une culture collective en faisant la pédagogie de la révolution en cours et de ses avancées, en commençant par le Comex. Et pour cela, il n’est inutile de se faire accompagner par des spécialistes ;
  2. Piloter la convergence des points de vue de l’équipe de direction. Il s’agit là de « partager une vision commune des risques, des enjeux, des leviers » et de fixer ensemble les priorités opérationnelles ;
  3. Bousculer les habitudes, en mettant en place un shadow Comex, c’est-à-dire un Comex parallèle, composé de jeunes hauts potentiels, qui planche sur les mêmes sujets mais apporte une vision et des options alternatives ;
  4. Désigner un chef d’orchestre, le chief digital officer (CDO) ;
  5. Faire la démonstration par une preuve rapide et tangible, ou dit autrement, adopter une posture de start-up et sortir rapidement un prototype qui sera tout aussi rapidement testé ;
  6. Embarquer les collaborateurs, en ne laissant personne au bord de la route. Cela passe par l’écoute réelle des préoccupations de chacun, et par de l’information en continu ;
  7. Synchroniser les processus métiers avec les usages des publics. Il s’agit bien là de remettre les clients au cœur de la réflexion ;
  8. Adopter une démarche d’open innovation pour mieux maîtriser les technologies, et par conséquence imaginer les nouveaux usages ;
  9. Se préparer à la révolution de la data. C’est le carburant de demain, il faut donc se préoccuper des sources d’approvisionnement ;
  10. Trouver ses usages personnels, en pratiquant, en découvrant les nouveaux services sur le marché. Et pourquoi pas en se faisant accompagner d’un mentor ;
  11. Être toujours en veille, échanger sur les réseaux sociaux, partager ses étonnements.

Dans sa conclusion, Jérôme Wallut affirme que s’il n’y avait qu’une seule idée à retenir de son livre, ce serait celle-ci :

« désormais, la création de valeur est gouvernée par les usages et l’expérience avec laquelle on les vit. Le centre de gravité du pouvoir s’est définitivement déplacé ».

Bref, on est dans un changement de paradigme. Le monde de demain est déjà là. Les entreprises ne peuvent plus attendre. Elles doivent se lancer dans le bain dès aujourd’hui, avancer, se tromper, recommencer, se tromper encore… C’est à ce prix qu’elles réussiront. L’ampleur de la tâche peut les effrayer. Mais Jérôme Wallut n’en doute pas : la transformation est à la portée de toutes les entreprises.

Patrick Coquart

Patrick COQUART

Correspondant du Club de Lecture Affaires en France

Pour communiquer avec Patrick: PCoquart@clubdelectureaffaires.com

Patrons, n’ayez pas peur! Revue par notre correspondant Patrick Coquart

Le Droit de la Franchise, un livre pour tous ceux qui s’intéressent à la franchise!

Le livre de ‘Le droit de la franchise au Québec, de Frédéric P. Gilbert fait l’unanimité du panel du Club de lecture Affaires.

Le panel se réjouit qu’un livre  sur le droit de la franchise soit maintenant aussi accessible aux juristes tout comme aux franchiseurs et aux franchisés. Voici un résumé de leur appréciation et de leur échange avec l’auteur de cette nouvelle bible de la franchise, Me Frédéric P. Gilbert.

Frédéric P. GilbertMe Frédéric P. Gilbert, avocat spécialisé en droit de la franchise souhaite que son ouvrage, Le droit de la franchise au Québec publié aux Éditions Yvon Blais en 2014, intéresse “toute personne qui a à interagir au niveau de la franchise et qui cherche à se renseigner sur l’étendue de ses droits et ses obligations. Par exemple, un franchiseur pointu ou un franchiseur en démarrage qui s’interroge sur ses droits, les deux y trouveront l’information nécessaire mais aussi un franchisé ou un candidat franchisé qui a intérêt à connaître ses droits”.

Au Québec, ajoute Me Gilbert, le domaine de la franchise “c’est 26 milliards de dollars de chiffres d’affaires, 9% du produit intérieur brut annuel, c’est 400 réseaux, des bannières très connues d’autres moins dans toutes sortes de domaines.” Le Québec n’a pas de loi spécifique sur le droit de la franchise contrairement à d’autres provinces comme l’Alberta ou l’Ontario. On s’appuie donc ici sur la jurisprudence qu’il est bon de mettre à jour.

Pour écouter le panel en action, cliquer sur la vidéo ci-incluse

La perspective de Maître Jean H. Gagnon

Jean H. GagnonMe Jean H. Gagnon, avocat de renom, spécialisé en droit de la franchise a supervisé le livre de Me Gilbert. En 2007, il avait publié le livre La franchise au Québec qui se voulait uniquement un ouvrage de référence. Pour lui, cet ouvrage qui prend le relai au sien est “un livre fondamental en droit de la franchise qui suit l’évolution de la jurisprudence. Il est agréable à lire autant pour un avocat que pour un non-juriste. L’avantage est qu’il peut se lire de la première à la dernière page et être suffisamment accessible.”

L’expérience de lecture des panélistes

Stéphanie DestrempesMe Stéphanie Destrempes, avocate chez Lavery de Billy insolvabilité et le droit de la franchise. “J’ai beaucoup apprécié cet ouvrage car il fait un bon résumé de la jurisprudence récente et significative au Québec. L’évolution du droit se fait par l’intermédiaire des tribunaux ici et le livre parle de cette évolution des droits entre franchiseurs et franchisés. J’ai appris des choses en termes de concepts de droit, car les contrats contiennent beaucoup d’obligations de part et d’autres. On peut mieux saisir comment agir au niveau de la relation d’affaire que l’on soit franchisé ou franchiseur. Un franchiseur face à son réseau ou un franchisé qui veut comprendre ce à quoi il peut s’attendre sur le plan des obligations contractuelles, le livre est très intéressant.  Pour les juristes, surtout si on en est à  nos débuts, c’est un très bon outil également pour s’informer sur le droit de la franchise. Pour les juristes d’expérience, le livre sert de bon rappel. Toute personne qui s’intéresse à la franchise y trouvera son compte.”

Marie-Eve Zuniga

Me Marie-Ève Zuniga est avocate en franchise et en droit disciplinaire à la Corporation d’avocats Mathieu.

” Pour ma part, j’ai beaucoup apprécié le livre dans son ensemble.  Pour les non-juristes, il faut comprendre que les termes de droits et les concepts sont très bien vulgarisés et qu’avant chaque notion, chaque concept, on retrouve une analyse de cas pratiques, qui rappelle certains faits, pour aider mieux comprendre. . C’est un outil que je vais conserver à proximité pour les rappels qu’il offre à un juriste, même d’expérience. C’est un bel ouvrage de départ par exemple pour débuter une recherche.”

Une question de l’observateur: Mathieu Halle

Mathieu Halle, RCEQMathieu Halle, spécialiste en TI, président du Regroupement des commerçants électroniques du Québec se demande si le livre est un guide pour aller vers la franchise par secteur…” Même si c’est un ouvrage général, répond Maître Gilbert, il y a des secteurs qui sont plus présents comme l’alimentation en raison de leurs activités et des décisions importantes qui ont été prises. Par contre, les concepts touchent tous les domaines d’activités de la franchise au Québec.” Mathieu a bien saisi que le livre permettra aux franchisés ou au franchiseur de l’ensemble des obligations auxquelles l’un ou l’autre feront face.

 

Les panélistes ont aussi discuté avec l’auteur de ces questions

  • Comment a évolué la jurisprudence au Québec?
  • Est-ce qu’une loi québécoise sur les franchises serait nécessaire ?
  • Étant donné sa nature, y aura-t-il une mise à jour de cet ouvrage ?
  • Faut-il attendre les décisions juridiques d’importance avant de se lancer?
  • Le franchiseur a une obligation de moyen, que cela veut-il dire?

Conclusion

La présentatrice, Micheline Bourque, rappelle l’importance des histoires “humaines” d’entreprises que l’on retrouve dans l’ouvrage. “Ce sont, souligne-t-elle, des anecdotes intéressantes et à la lecture, j’ai mieux compris les enjeux et les obligations des personnes en cause. Tout franchisé ou franchiseur devrait bien se familiariser avec son domaine et ce livre est un excellent outil pour le faire”.